Un accord entre le Kosovo et la Serbie

La Serbie et le Kosovo ont signé mardi des accords dans les domaines de l'énergie et des télécommunications, une étape vers la normalisation des relations entre les deux pays et, peut-être à terme, vers le rapprochement de Belgrade de l'Union européenne.

(Une jeune albanaise du Kosovo passe devant un drapeau serbe alors qu'elle traverse le principal pont de Mitrovica, dans le nord, un des sujets de l'accord négocié mardi. © REUTERS/Hazir Reka)

Les accords négociés entre la Serbie et le Kosovo sous l'égide de l'Union européenne portent sur des points très concrets, mais peuvent constituer un premier pas vers la normalisation des relations entre les deux pays, marquées par la guerre de 1997-99. Premier point, le Kosovo se verra par exemple attribuer un indicatif téléphonique, une façon pour la Serbie de reconnaître à demi-mot la souveraineté de son ancienne province à majorité albanophone qui a déclaré son indépendance en 2008. Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic et son homologue kosovar, Isa Mustafa, sont également tombés d'accord sur des questions énergétiques, sur la mise en place d'une justice commune aux Serbes et aux Kosovars du nord du Kosovo et sur le très symbolique pont de Mitrovica, qui constitue encore un point de tension entre les populations.

Processus de normalisation pour la Serbie

"Le résultat d'aujourd'hui représente un jalon important dans le processus de normalisation ", a insisté Federica Mogherini, Haute Représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune. Les espoirs de la Serbie d'ouvrir le premier volet de discussions avec l'UE en vue de rejoindre les Vingt-Huit dépendent de la mise en oeuvre d'un accord de normalisation avec le Kosovo signé en 2013. La question du génocide de Srebrenica, dans l'actuelle République serbe de Bosnie, constitue également un obstacle sur le parcours de Belgrade.

En 1999, l'Otan avait mené une campagne de bombardements pour chasser les forces serbes du Kosovo et mettre un terme à des tueries et à des expulsions massives d'habitants de la région vers les pays voisins. La diplomatie américaine a salué l'annonce de la signature de l'accord, mardi.