Transnistrie: négociations autour de l'indépendance d'un confetti

Le 1er décembre, des négociations entre la Moldavie et la république séparatiste russophone de Transnistrie ont pu reprendre, après 5 ans de statu quo. Le bilan de ces discussions est plutôt positif, les parties s'acheminant vers un accord et un règlement du conflit.

Le président de Transnistrie, Igor Smirnov, en juillet 2008.
Le président de Transnistrie, Igor Smirnov, en juillet 2008. (AFP PHOTO / KAZBEK BASAYEV)

Mais de quel conflit s'agit-il ? Celui d'une courte guerre d'indépendance menée après l'effondrement de l'URSS en 1991 par les habitants d'une petite bande de terre de 200 km de long sur 20 de large, contre les Moldaves, en majorité roumanophones.

Peuplée par 555.000 habitants, essentiellement russophones, à l'est de la Moldavie, la Transnistrie s’était déclarée souveraine et indépendante. Officiellement dénommée République moldave du Dniestr par les autorités qui l'administrent, elle n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

L'enjeu du règlement de ce conflit est crucial pour la Moldavie, dans sa volonté de rejoindre l'Union européenne. En effet, ce pays de quatre millions d'habitants situé entre la Roumanie, membre de l'UE, et l'Ukraine, ex-république soviétique, n'a pas renoncé à sa souveraineté sur la Transnistrie. Et pour cause, elle concentre l'essentiel de son industrie. La Moldavie est considérée comme le pays le plus pauvre d'Europe.

Si les combats meurtriers entre russophones et Moldaves, en 1991-1992, ont fait plusieurs centaines de morts, aujourd'hui la région est sécurisée par une Force unifiée comprenant des contingents russe, moldave et transnistrien. Les Russes, qui avaient soutenu la guerre d’indépendance, sont restés stationnés sur ce petit territoire contre la volonté des Moldaves.

Balade dans le temps et l'histoire

 

Des discussions dans une "atmosphère constructive"
La rencontre entre représentants moldaves, transnistriens, russes, ukrainiens et membres de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a eu lieu à Vilnius, en Lituanie, pendant deux jours. L'Union européenne et les Etats-Unis s'y trouvaient comme observateurs.

Selon le ministre lituanien des Affaires étrangères Audronius Azubalis, dont le pays préside en 2011 l'OSCE, «la discussion des principes et procédures pour la conduite des négociations s'est déroulée dans une atmosphère constructive». Selon lui, «il est maintenant essentiel de maintenir cette dynamique et de continuer avec des rencontres officielles pour avancer vers la complète résolution du conflit».

Sur fond de «négociations très tendues» et de «discussions franches», «nous nous sommes mis d'accord sur 60% si ce n'est plus», a, pour sa part, déclaré Giedrius Cekuolis, un émissaire de l'OSCE.

Prochains pourparlers en février 2012 en Irlande. Le 11 décembre 2011, le président sortant de la région sécessionniste de Moldavie, Igor Smirnov, qui n'était plus en odeur de sainteté au Kremlin, a été éliminé au 1er tour de la présidentielle au profit du leader du Parti du renouveau (opposition) Evgueni Chevtchouk. Igor Smirnov tenait les rennes du pouvoir depuis 20 ans à Tiraspol, la capitale.

La Russie, dont le candidat - le président du Parlement local Anatoli Kaminski - est arrivé second au scrutin devant Smirnov, reste le plus grand partenaire économique de Transnistrie - des usines Gazprom y sont implantées. En maintenant le pays sous perfusion, Moscou veut garder une influence quasi-exclusive sur une région située au cœur de la guerre du gaz.