Suède : débat sur l'interdiction de la circoncision

Le Défenseur des enfants suédois appelle son pays à interdire la circoncision pratiquée sans justification médicale. Cette pratique largement répandue dans les religions juive et musulmane serait contraire aux droits de l'enfant selon lui.

(Sipa)

"La circoncision est contraire à la Convention internationale des droits de l'enfant ". C'est fort de cet argument que le Défenseur des enfants suédois a appelé samedi son pays à interdire cet acte, pratiqué  notamment dans les religions juive et musulmane. "L'opération est douloureuse, irréversible et peut entraîner de graves complications " justifie Fredrik Malmberg.

L'ombudsman, comme on appelle là-bas le Défenseur des droits, considère donc que "cironcire un enfant sans justification médicale ni son consentement enfreint les droits humains de cet enfant ", dans une tribune cosignée avec des professionnels de la santé et publiée dans le premier quotidien suédois, Dagens Nyheter. Autrement dit, aucun motif religieux ne peut selon lui justifier une circoncision.

Pour l'instant la loi suédoise autorise la circoncision, mais impose un âge maximal de deux mois, l'intervention d'un professionnel de la santé ou d'un religieux spécialement agréé, et le consentement des parents. Une proposition de loi pour interdire cette pratique, déposée en octobre par l'extrême-droite, avait été rejetée en commission.

En 2012, l'Allemagne a connu des mois de controverse après une décision d'un tribunal de Cologne assimilant la circoncision à des "coups et blessures aggravés". Le Parlement avait finalement adopté six mois plus tard une loi autorisant la pratique pour des motifs religieux.