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Rusdi Kirana, l'homme qui apporte 18 milliards à Airbus

Qui est l'homme qui va faire un chèque de 18,4 milliards d'euros à Airbus? Portrait de Rusdi Kirana, PDG de la compagnie indonésienne Lion Air, symbole de la croissance de son pays, qui vient de commander 234 appareils A-320.
Article rédigé par Pierre Magnan
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
François Hollande entouré de Rusdi Kirana (avec la moustache) et de Fabrice Bregier, PDG d'Airbus, lors de la signature de la vente record d'Airbus à la compagnie indonésienne Lion Air à l'Elysée, le 18 mars 2013 (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

L'homme qui a commandé le 18 mars 234 A320 pour sa compagnie low cost  Lion Air n'en est pas à son coup d'essai. En effet, il y a un peu plus d'un an, Rusdi Kirana secouait la planète aéronautique en signant déjà une commande record, avec Boeing cette fois, pour la modique somme de 22 milliards de dollars.

Un seul avion en 2000
Pourtant, les frères Kirana, Rusdi et Kusnan, n'ont créé leur compagnie qu'il y a 13 ans. Ils n'avaient alors qu'un seul appareil, un Boeing en location. Aujourd'hui, Lion Air contrôle plus de la moitié du transport aérien de l'archipel indonésien qui abrite la 4e population la plus nombreuse de la planète. Lion Air, créée en 1999, dessert surtout son pays d'origine, mais assure aussi des liaisons vers Singapour, la Malaisie, le Vietnam ou encore l'Arabie Saoudite.

Le patron de la compagnie, Rusdi Kirana, commence, adolescent, comme vendeur de machine à écrire américaine Brother. Plus tard, il lance avec son frère une agence de voyage. Tous deux créent ensuite leur compagnie aérienne qu'un an plus tard, Rusdi envisagera de revendre… pour un million  de dollars. Une ascension à l'image de son pays.

Pourtant, l'homme à peine âgé de 50 ans reste peu connu. Rusdi Kirana, avec sa tignasse brune et sa grosse moustache, reste discret, ne donnant que de rares interviews. «Nous ne nous montrons pas beaucoup, nous travaillons», disait récemment Kirana à des journalistes.

Dans l'une d'entre elles, cet homme, qui profite de l'étendue de l'Indonésie et de la faiblesse des autres infrastructures pour développer son empire aérien, se montre un patron moderne : «Je ne suis pas socialiste, mais tout le monde a le droit d'acheter une maison et avoir accès à l'hôpital et à l'école. Ils ont le droit à l'école gratuite. C'est ça qui m'excite vraiment», disait-il en parlant de son personnel. Résultat, il a construit une cité pour ses salariés.

Un appareil (boeing) de la Lion Air (ADEK BERRY / AFP)

Lion Air ne publie pas ses comptes
Figurant, avec son frère, parmi les plus grosses fortunes d'Indonésie, Rusdi Kirana est aussi discret sur la gestion de sa société qui ne publie pas de comptes, car non cotée en bourse. Pourtant, les banquiers suivent les ambitions du patron de la compagnie low cost. Son chiffre d'affaires et ses bénéfices sont un secret jalousement gardés par les frères Kirana, des hommes d'affaires discrets qui fuient la presse. «Vous pouvez appeler mes banquiers. Ils ne financeraient pas une compagnie qui ne serait pas saine», répète le PDG.

Alors que Rusdi Kirana achète des Airbus, la compagnie reste interdite de vol en Europe. Ce qui ne l'empêche pas de se développer tous azimuts, surfant sur une croissance indonésienne de plus de 6% par an et un nombre de passagers qui augmente dans le pays de 20% par an.

La jeune société n'en nourrit pas moins de sérieuses ambitions. Elle  devrait sous peu lancer Batik Air, sa filiale long-courrier, ainsi qu'une filiale en Malaisie appelée Malindo Airways.

Décidément, les frères Kirana sont loin des machines à écrire Brother.

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