Quotas de pêche : le bar dans les filets de Bruxelles

La préservation des stocks de poisson se retrouve à nouveau sur la table de la Commission européenne ce mardi. Au menu, des quotas pour le bar qui inquiètent les pêcheurs français.

(Trop de pêche en Méditerranée © MaxPPP)

Les ministres de la Pêche de l’Union européenne se réunissent ce mardi à Bruxelles pour examiner les réserves de poissons dans l’Atlantique et en mer du Nord. La commission européenne s’inquiète de l’état "très préoccupant" du stock de bars et veut en interdire la pêche pour six mois, de janvier à juin.

Perspective de quotas

Les professionnels du bar commencent à faire leurs calculs, en cas de quotas imposés. Un pêcheur de Port-en-Bessin dans le Calvados évalue son manque à gagner possible à "40% du chiffre d’affaires", avec une soustraction "pouvant aller jusqu’à 60.000 euros en moins par mois" . Une patronne de pêche qui fait travailler cinq salariés sur son bateau estime que "les quotas vont au moins toucher les salaires des gars" . "C’est inadmissible, et ça va attaquer tous les corps de métier, toute la pêcherie" ajoute-t-elle.

La perspective de quotas pour le bar inquiète des pêcheurs du Calvados : un reportage de Thomas Pontillon, France Bleu Basse-Normandie
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La pêche récréative, celle des amateurs, serait aussi touchée avec une limitation à un poisson par jour. 

Les oppositions de la France 

Le président de l'organisation des producteurs et des pêcheurs de Basse-Normandie, Richard Brouze est à Bruxelles jusqu'à ce soir pour participer aux négociations. Il veut "adoucir" les propositions européennes et limiter l'arrêt de la pêche au bar "à deux mois, en février et mars, la période de reproduction" .

"Nous demandons des mesures de gestion, socialement et économiquement acceptables pour les pêcheurs" : Richard Brouze, président de l'organisation des producteurs et des pêcheurs de Basse-Normandie
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Le 8 décembre, le secrétaire d’Etat à la Pêche, a été auditionné par la Commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale. A cette occasion, Alain Vidalies, a précisé la position qu'il va défendre. 

"La France est d'accord avec l'objectif de la Commission, mais c'est le rythme pour y parvenir qui fait l'objet des débats"

Le secrétaire d’Etat à la Pêche compte aussi peser pour "moduler les propositions européennes si elles mettent en danger la viabilité sociale et économique des pêcheries concernées".