Petroplus : pourquoi la raffinerie de Petit-Couronne est menacée

Alors que le groupe pétrolier suisse est en proie à de sérieux problèmes financiers, des syndicats s'inquiètent pour l'avenir du site français, situé près de Rouen, en Seine-Maritime.

La raffinerie de Petroplus à Cressier en Suisse, le 27 décembre 2011. 
La raffinerie de Petroplus à Cressier en Suisse, le 27 décembre 2011.  (FABRICE COFFRINI / AFP)

Les difficultés financières du groupe suisse Petroplus, propriétaire de cinq raffineries en Europe, inquiètent. Jeudi 29 janvier 2011, Standard and Poor's a abaissé de "B" à "CCC+" la note de crédit à long terme de l'entreprise. Moody's a fait passer la sienne de "B2" à "Caa1", avec cette prédiction : il ne resterait au groupe que deux ou trois jours de liquidités. Il ne pourra donc plus acheter de pétrole brut.

• Quelle est la situation du groupe ? 

La crise du raffinage en Europe atteint Petroplus. Le groupe a annoncé mardi 27 décembre le gel par ses banques d'une ligne de crédit d'environ un milliard de dollars. Une somme pourtant jugée indispensable au fonctionnement de ses cinq raffineries européennes. 

L'action du groupe a immédiatement chuté et les raffineries pourraient être rapidement à court de pétrole brut. Certains de ses fournisseurs ont déjà interrompu les livraisons de peur de ne pas être payé.

Plus tôt dans le mois, le groupe avait déjà annoncé de graves problèmes financiers, en raison notamment de la crise de la dette.

Pourquoi la France est-elle impliquée ? 

Petroplus est propriétaire de cinq raffineries en Europe, dont celle de Petit-Couronne (Seine-Maritime). La panne de financement du groupe vient s'ajouter à des perspectives sombres pour le site français. Il est déjà affecté par une restructuration annoncée en novembre, qui risque de se traduire par l'arrêt d'une de ses activités et la suppression de 120 emplois sur 550.

Face à la situation, les syndicats français de la raffinerie de Petit-Couronne ont appelé le gouvernement à faire pression sur les banques pour renflouer le groupe. Problème : seules trois banques françaises font partie de la quinzaine destinée à aider Petroplus. 

Le 29 décembre, le gouvernement a assuré faire "tous ses efforts pour aider Petroplus dans ses négociations bancaires, qui sont des négociations complexes incluant plusieurs banques internationales". De quoi assurer un peu de répit au titre Petroplus sur le marché boursier suisse, explique Les Echos.fr .

• Que craint-on ?

Selon Usine Nouvelle, les banques pourraient choisir de ne rétablir qu'une partie de la ligne de crédit d'un milliard de dollars qui a été gelée mardi. Si ce scénario se confirme, le groupe pourrait se redimensionner.

Ainsi, seules "les raffineries les plus rentables du groupe" seraient sauvées, à savoir celles de Coryton au Royaume-Uni et d'Ingolstadt en Allemagne, assure un délégué CGT. L'activité de la raffinerie de Petit-Couronne risquerait alors de s'arrêter dès le début de l'année 2012.