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VIDEO. Ouistreham : "Si on n'avait pas de ferries, on n'aurait pas de migrants" : pour Nelly, les aider ne crée pas un "appel d'air"

"L’appel d’air, ici, c’est le ferry", affirme une habitante de Ouistreham qui vient en aide aux migrants tentant leur chance pour l’Angleterre. Ce n’est pas, selon elle, l’aide humanitaire qu'un collectif apporte à ces hommes souvent très jeunes et démunis de tout… Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 13 janvier 2019.

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Ouistreham est une station balnéaire du Calvados tournée vers l’Angleterre. C’est le port des allers-retours pour les touristes, le temps d’une escapade outre-Manche, celui des allers simples pour les migrants, celui des clandestins. Nelly habite la commune normande. Depuis deux ans, elle voit arriver ceux qu’elle appelle "les garçons", venus du Soudan, à qui elle vient en aide.

"Quand on a commencé à s’occuper des garçons, ils se regroupaient dans ce petit bosquet", au fond d’un champ qu’elle montre au magazine "13h15 le dimanche" (replay). A Ouistreham, ils sont en moyenne une centaine à tenter leur chance pour traverser les eaux froides qui les séparent des côtes anglaises, le but de leur exode aux mille dangers depuis le cœur du continent africain.

"Il faut absolument qu’on les aide… Et ça, les autorités ne le comprennent pas"

"Ici, c’est le rond-point stratégique où ils se regroupent dans la journée pour essayer d’attraper des camions, précise Nelly qui reçoit parfois certains d’entre eux à la table familiale, ne se résolvant pas à les laisser ainsi dans le froid. Ça me fait mal de les voir, parce que ce sont des mômes. Il y en a qui ont quatorze ans. Ils sont loin de leur  pays, de leurs racines, complètement démunis… Il faut absolument qu’on les aide."

"Et ça, les autorités ne le comprennent pas, poursuit-elle. Elles nous accusent de créer un appel d’air. C’est vrai que tous les migrants du Calvados savent qu'existe à Ouistreham un collectif de personnes qui s’en occupent, qu’ils peuvent manger, être soignés, changer de chaussures, avoir un manteau… Mais ce n’est pas ça qui les fait venir. L’appel d’air, ici, c’est le ferry. Si on n'avait pas de ferries, on n'aurait pas de migrants…"

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