Traversée de migrants : Decathlon ne vendra plus d'embarcations, des "kayaks notamment", à Calais et Grande-Synthe

Selon l'enseigne spécialisée dans les articles sportifs, ces embarcations "pourraient mettre en danger la vie de personnes l'utilisant dans le cadre d'une traversée" de la Manche.

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Radio France
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Un magasin de la marque Decathlon. Photo d'illustration. (RICHARD VILLALON / MAXPPP)

Decathlon ne commercialisera plus d'embarcations comme des kayaks dans ses magasins de Calais et Grande-Synthe. Car ces produits "pourraient mettre en danger la vie de personnes l'utilisant dans le cadre d'une traversée".

Dans un communiqué, consulté par franceinfo, l'enseigne explique que "l'augmentation récente des tentatives de traversée ont effectivement amené nos équipes de Decathlon Calais et de Grande-Synthe quant à la position à tenir sur la mise en vente de produits pouvant être détournés de leur usage sportif et servir d'embarcations pour traverser la Manche. En concertation avec les équipes, nous ferons désormais en sorte de ne plus permettre l'achat d'embarcations - kayak notamment - qui pourraient mettre en danger la vie de personnes l'utilisant dans le cadre d'une traversée".

Le même communiqué ajoute que les équipes de Decathlon sont "attachées à ne jamais faire courir de risques à nos clients dans l'usage de nos produits, et ce quelles qu'en soient les circonstances. Dans ce même souci de sécurité, nous rendons toujours disponibles tous les produits permettant d'améliorer la sécurité en mer (gilets, rames, protections thermiques ...)".

"Symbolique" mais "sans doute pas efficace" pour l'Auberge des migrants 

Cette décision de Decathlon "ne sera sans doute pas efficace" mais "elle est forte sur le plan symbolique", réagit sur franceinfo François Guénoc, président de l'association l'Auberge des migrants à Calais.

Il "n'est pas sûr que la mesure soit très efficace" car les kayaks par exemple "sont des embarcations très courantes qui peuvent être achetées éventuellement sur des plateformes d'occasion, voire même dérobées dans des clubs de Kayak". Puis, "la surveillance du gouvernement a plutôt poussé les passeurs a acheter de grosses embarcations en Belgique ou en Allemagne".

Selon François Guénoc, "cette annonce de Decathlon suit probablement la disparition de trois exilés sur un kayak", il y a quatre jours. "Un fournisseur comme Decathlon sent peut-être un peu de responsabilité dans ce drame" et ajoute que "si c'est le cas, on peut saluer" cette décision.

Le président de l'association l'Auberge des migrants à Calais souligne que "le gouvernement a donné des consignes à tous les vendeurs de canots pneumatiques et de bateaux, au moins de la région, pour dénoncer des personnes qui de façon apparemment suspectes chercheraient à acheter des embarcations et donc susceptibles d'être mises à disposition des exilés pour traverser la Manche". Selon François Guénoc, ces consignes ont été données "probablement début 2019" puisque "les premières traversées de la Manche par petits bateaux datent de fin 2018, au départ plutôt avec des embarcations volées puis achetées chez des fournisseurs."

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