Paris : des migrants s'enferment dans un centre Emmaüs pour dénoncer leurs conditions d'hébergement

"Nous voulons que le gouvernement prenne conscience de notre situation", ont-ils notamment écrit sur des pancartes, en bloquant l'accès, mardi, à leur centre d'hébergement Emmaüs près de l'hippodrome de Vincennes à l'est de Paris.

Une pancarte accrochée par des migrants qui ont bloqué temporairement leur centre déhbergement Emmaüs à Vincennes (Val-de-Marne), le 4 août 2015.
Une pancarte accrochée par des migrants qui ont bloqué temporairement leur centre déhbergement Emmaüs à Vincennes (Val-de-Marne), le 4 août 2015. (MICHAEL BUNEL / NURPHOTO / AFP)

Ils ont protesté contre leurs conditions d'hébergement qu'ils comparent à de la "détention". Une cinquantaine de migrants, en majorité érythréens et soudanais, ont bloqué, mardi 4 août, l'accès à leur centre d'hébergement Emmaüs près de l'hippodrome de Vincennes à l'est de Paris.

"Une solution pour nous problèmes", "nous voulons que le gouvernement prenne conscience de notre situation", ont-ils écrit sur des banderoles accrochées à la grille d'entrée du centre.

"On dirait une prison"

Depuis l'aube, ces migrants, hébergés depuis juin après les évacuations de plusieurs campements de la capitale, empêchaient les travailleurs sociaux d'Emmaüs de pénétrer dans le site afin d'alerter l'opinion, selon un communiqué transmis par le comité de soutien "La Chapelle en lutte".

"On accepte la situation car c'est mieux qu'être à la rue, mais ici il n'y a rien", a expliqué, mardi matin, Abdallah, un migrant d'Érythrée. "On dirait une prison", a-t-il ajouté, montrant les barreaux fixés aux fenêtres de sa chambre et les lits vissés au sol.
Entouré de grillages et de barbelés, ce centre d'hébergement, habituellement ouvert de novembre à juin pour accueillir des SDF, a été construit dans un ancien centre de rétention.

"Il n'y a aucun moyen de laver ses affaires, pas même une bassine et de l'eau ; un savon est divisé entre vingt personnes. La nourriture est mauvaise et insuffisante. Tous les jours, nous sommes contraints de frauder parce que le centre ne nous fournit pas de titres de transport", déploraient les migrants.

Revendications acceptées

Ces migrants dénonçaient aussi l'absence de suivi de leur situation administrative, contrairement à ce qui leur avait été promis lorsqu'ils ont été expulsés de leurs campements. En fin de journée, leurs revendications ont été acceptées et les migrants ont levé leur blocage. En effet, dans l'après-midi, des représentants des services de l'Etat ont pu entrer et discuter avec les migrants. 

Les migrants ont notamment obtenu des rendez-vous personnalisés pour jeudi afin de faire avancer leurs démarches administratives. Marin Marx-Gandebeuf, membre du comité "La Chapelle en lutte", a également indiqué qu'ils auront désormais une machine à laver dans le centre, ainsi que des photos d'identité et des tickets de métro.