Migrants : une enquête dénonce des refoulements illégaux et violents aux frontières de l'UE

Selon le magazine allemand "Der Spiegel", les enregistrements vidéo de onze refoulements en Croatie montrent comment des hommes battent les réfugiés avant de les reconduire en Bosnie-Herzégovine.

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France Télévisions
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Des migrants dans le nouveau camp de réfugiés de Kara Tepe à Mytilène, à Lesbos, le 29 mars 2021. (ARIS MESSINIS / AFP)

Des images qui témoignent d'une réalité violente. Des migrants sont victimes de refoulements illégaux, parfois accompagnés de violences, menés par des unités spéciales de police, notamment aux frontières de la Grèce et de la Croatie, affirme mercredi 6 octobre une enquête de plusieurs médias, dont le magazine allemand Der Spiegel.

Les investigations menées pendant huit mois par des journalistes de sept pays et de huit médias différents concluent à un "système" mené par des "unités spéciales" dissimulant la plupart du temps leur identité en portant des uniformes sans insigne et des cagoules couvrant le visage, écrit le Spiegel.

"Ils opèrent pour la plupart en secret – et sont payés par les citoyens européens", explique le magazine dans l'enquête mise en ligne mercredi soir, fruit d'une collaboration avec la télévision publique allemande ARD, le quotidien français Libération, des médias croates et serbes ou la plateforme d'investigation néerlandaise Ligthouse reports.

"Une stratégie établie" par des Etats soutenus par l'UE

Selon le Spiegel, les enregistrements vidéo de onze refoulements en Croatie montrent comment des hommes battent les réfugiés avant de les reconduire en Bosnie-Herzégovine. Six fonctionnaires croates ont confirmé au magazine allemand, après avoir examiné les images, qu'il s'agissait de membres d'une unité spéciale de police. En interne, l'opération de refoulement a été baptisée "Opération corridor" par des responsables croates.

Sur la base d'autres analyses vidéo et de témoignages, l'enquête affirme qu'en mer Egée, des unités spéciales des garde-côtes grecs sont chargées d'intercepter les demandeurs d'asile et de les relâcher dans des radeaux de sauvetage orange, en partie achetés avec l'argent de l'UE.

Ni le gouvernement grec, qui a contesté de précédentes accusations de refoulements, ni celui de la Croatie n'ont répondu aux questions des journalistes. "Loin d'être une dérive coupable de quelques agents, ces pushback constituent une stratégie établie de la part d'Etats dont les forces de police sont soutenues financièrement par l'UE", écrit Libération.

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