"Il y a urgence" : sept maires, dont Aubry et Juppé, dénoncent un manque de moyens pour accueillir les migrants

Les élus dénoncent des dispositifs alloués à l'hébergement des demandeurs d'asile "complètement saturés et ce, malgré l'augmentation régulière du nombre de places...".

Une centaine de migrants est évacuée d\'un camp installé sur la friche de l\'ancienne gare Saint-Sauveur, dans le centre de Lille (Nord), le 24 octobre 2017.
Une centaine de migrants est évacuée d'un camp installé sur la friche de l'ancienne gare Saint-Sauveur, dans le centre de Lille (Nord), le 24 octobre 2017. (MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ils demandent à l'Etat d'en "faire plus". Sept maires de grandes villes de gauche comme de droite, dont Martine Aubry et Alain Juppé, dénoncent un manque de moyens face à l'afflux de migrants.

"L'année 2017 s'achève sur une hausse massive de la demande d'asile et l'arrivée des nouveaux arrivants met sous une extrême tension (...) les politiques publiques et institutionnelles classiques", écrivent les édiles de droite comme de gauche dans une tribune publiée dans Le Monde daté du dimanche 17 décembre. Ils dénoncent des dispositifs alloués à l'hébergement des demandeurs d'asile "complètement saturés et ce, malgré l'augmentation régulière du nombre de places...".

"Il y a urgence", invoquent les élus. Outre Martine Aubry, maire socialiste de Lille, et Alain Juppé, maire LR de Bordeaux, cette tribune a été signé par Roland Ries, maire PS de Strasbourg qui en est à l'initiative, Eric Piolle (Grenoble, EELV), Nathalie Appéré (Rennes, PS), Jean-Luc Moudenc (Toulouse, LR) et Johanna Rolland (Nantes, PS).

Des élus "au pied du mur"

"Au front face aux personnes en détresse, aux citoyens, aux associations. Confrontés à l'insuffisance de l'accueil et de l'hébergement", les élus, qui se disent "au pied du mur", demandent que se tienne "rapidement une rencontre élargie avec l'Etat au plus haut niveau". Il faut "réfléchir sans délai à la mise en place d'un réseau solidaire entre les villes de France", ajoutent-ils.

Dans une circulaire du ministère de l'Intérieur adressée aux préfets concernant le relogement des réfugiés et consultée par l'AFP, le gouvernement fixe un objectif de mobilisation "de 20 000 logements" d'ici à la fin 2018, "déclinés régionalement" pour assurer une "répartition équilibrée" des réfugiés, et en mobilisant les bailleurs du parc privé et public.

Par ailleurs, les autorités ont demandé aux préfets de mettre en place progressivement des "équipes mobiles" chargées du recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence, au grand dam des associations (Médecins du Monde, Emmaüs...) qui dénoncent une logique "de recensement, d'étiquetage et de triage".