Migrants : deux associations dénoncent la prise en charge des mineurs par la police à Paris

La fédération parisienne de la Ligue des droits de l'Homme et Utopia 56 ont saisi le Défenseur des droits.

Des tentes de mgrants à la porte d\'Aubervilliers, à Paris, le 9 avril 2019.
Des tentes de mgrants à la porte d'Aubervilliers, à Paris, le 9 avril 2019. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Les mineurs isolés étrangers arrivant à Paris peinent à obtenir de la police qu'elle les transfère, comme elle le doit, vers des structures permettant leur hébergement. C'est ce qu'ont assuré, mardi 30 avril, deux associations qui ont saisi le Défenseur des droits.

"A Paris, les mineurs isolés étrangers primo-arrivants ne sont pas pris en charge", ont affirmé dans un communiqué la fédération parisienne de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et Utopia 56. En un an, elles ont comptabilisé "plus d'une centaine de refus (...) de la part du seul commissariat du 18e arrondissement ainsi que des services l'ASE [aide sociale à l'enfance]".

"Des principes juridiques essentiels bafoués"

La prise en charge des mineurs relève de l'ASE, donc des départements. Mais si les jeunes arrivent en pleine nuit, par exemple, ils peuvent théoriquement se rendre dans un commissariat qui est chargé de les transférer vers l'ASE pour une mise à l'abri. Les deux associations invoquent à ce sujet une note d'information interne à la police parisienne "qui doit être affichée dans les commissariats".

Pour les deux associations, "des principes juridiques essentiels tels que la présomption de minorité et les principes de protection de l'enfance sont constamment bafoués dans les commissariats parisiens""Il en résulte des situations intenables pour ces mineurs qui se retrouvent à la rue la nuit et en situation de grande insécurité", ont ajouté les associations, qui dénoncent des "discriminations".

L'an dernier, quelque 17 000 jeunes étrangers ont été reconnus mineurs, selon le ministère de l'Intérieur qui fait état d'un triplement des demandes d'évaluation en trois ans. Paris a concentré près de la moitié de ces demandes l'an dernier.