Crise migratoire : les passeurs ont gagné plus de 4,5 milliards d'euros en 2015, estime Interpol

L'agence de lutte contre la criminalité organisée estime par ailleurs que les migrants déboursent entre 3 000 et 6 000 euros pour passer en Europe.

Des migrants dans un camp de rétention en Grèce, le 14 mai 2016. 
Des migrants dans un camp de rétention en Grèce, le 14 mai 2016.  (CHRISSA GIANNAKOUDI / NURPHOTO / AFP)

Les passeurs s'enrichissent sur le dos des migrants. D'après Interpol, ils ont gagné plus de 5 milliards de dollars (4,5 milliards d'euros) durant la vague de migrations qui a touché le sud de l'Europe en 2015. Cette année-là, 90% des migrants et réfugiés sont entrés en Union européenne via des réseaux criminels, selon un rapport publié mardi 17 mai. L'agence de lutte contre la criminalité organisée estime par ailleurs que les migrants déboursent entre 3 000 et 6 000 euros pour passer en Europe.

"La structure basique des réseaux de passeurs comprend des chefs qui coordonnent les activités le long des routes [empruntées par les réfugiés], des organisateurs, qui gèrent ces activités au niveau local, et des facilitateurs opportunistes qui aident les organisateurs et peuvent participer aux recrutements", détaille ce rapport d'Interpol. Il précise par ailleurs que les chefs de ces organisations sont souvent originaires des mêmes pays que les migrants qu'ils extorquent.

Des officiels corrompus

Pour blanchir l'agent et l'intégrer dans l'économie, des transporteurs déplacent d'importantes sommes d'argent à travers les frontières et les contrebandiers écoulent ces recettes via des achats de voiture, des épiceries, des restaurants ou des entreprises de transports, selon Interpol. L'agence souligne aussi le rôle joué par des officiels corrompus, susceptibles de laisser des voitures ou des bateaux franchir illégalement des frontières. A ce titre, la multiplication des contrôles pourraient rendre les voyages aériens plus attractif, remarque Interpol. Les passeurs seraient alors chargés de louer de faux documents aux migrants avant de les récupérer une fois arrivés à destination.