L'Etat va créer 1 200 places de mise à l'abri pour les migrants installés dans des campements à Paris

Plus de 2 000 migrants ont été recensés par France terre d'asile dans des campements de rue situés dans le nord-est de la capitale. En juin, 1600 migrants avaient déjà été évacués dans un autre campement, celui du Millénaire.

Des migrants dans un campement installé près du périphérique, à Paris, le 10 janvier 2019.
Des migrants dans un campement installé près du périphérique, à Paris, le 10 janvier 2019. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

France terre d'asile (FTDA) a recensé, mercredi 9 janvier, 2 039 migrants dormant sur des campements de rue dans le nord-est de Paris, un niveau inédit depuis le printemps. L'association a notamment compté plus de 800 personnes dans le secteur de la porte de la Chapelle, où des tentes sont serrées sous l'autoroute A1 et près du périphérique. C'est une hausse importante puisque le mercredi précédent, FTDA avait recensé 1 728 personnes dans les mêmes campements, en prenant une base de deux personnes par tente.

D'autres campements existent, plus petits mais tout aussi insalubres, à Saint-Denis ou porte de Clignancourt, ou encore porte de la Villette où des migrants soudanais notamment ont planté leurs tentes au milieu de la circulation, sur un rond-point jonché de déchets et de gravats. Interrogée par l'AFP, la préfecture de région a souligné que l'Ile-de-France avait connu "une augmentation de 45% du nombre de demandeurs d'asile" en 2018 contre "20% au niveau national", ce qui a "saturé les centres d'hébergement pour migrants".

"Face à cette réalité, le gouvernement va renforcer ces prochains jours les moyens d'hébergement des demandeurs d'asile, a affirmé le préfet Michel Cadot à l'AFP, vendredi 11 janvier. Ainsi 1 200 places de mises à l'abri pour migrants vont ouvrir très prochainement en Ile-de-France grâce au soutien du ministère de la Cohésion des territoires."

Quatorze ONG avaient tiré la sonnette d'alarme

Dans une lettre à Emmanuel Macron et au préfet Cadot, transmise à l'AFP vendredi, le maire communiste de Saint-Denis, Laurent Russier, a proposé la mise à disposition d'un centre de vacances municipal. Il a en outre demandé une mise à l'abri "inconditionnelle" des migrants "quel que soit leur statut administratif", et qui ne soit pas "le prétexte à l'organisation d'opérations de reconduite à la frontière".

Les campements avaient quasiment disparu de Paris après l'évacuation, début juin, de celui du Millénaire installé près de la porte de la Villette. Il comptait 1 600 migrants et il s'agissait de la 35e mise à l'abri de ce type dans la capitale en cinq ans.

Les forces de l'ordre se sont depuis efforcées d'empêcher toute reformation en délogeant les migrants dès leur installation, les rendant quasi "invisibles" selon les associations qui ont tiré la sonnette d'alarme fin décembre. "Des milliers de personnes (...) se partagent les interstices des villes", avaient affirmé 14 ONG, dont Médecins sans frontières et le Secours catholique, dans une tribune commune publiée en décembre. Ils y accusaient l'État de "mise en danger délibérée" des migrants.