Incendie à Moria : la Grèce promet qu'un nouveau camp de migrants sera prêt "dans cinq jours" à Lesbos

Plus de 12 000 personnes résidaient au camp de migrants de Moria, incendié plus tôt dans la semaine.

Des migrants font la queue pour entrer dans un nouveau camp pour les demandeurs d\'asile, le 12 septembre 2020, près de Panagiouda, sur l\'île grecque de Lesbos.
Des migrants font la queue pour entrer dans un nouveau camp pour les demandeurs d'asile, le 12 septembre 2020, près de Panagiouda, sur l'île grecque de Lesbos. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Les autorités grecques ont assuré, dimanche 13 septembre, qu'un nouveau camp de migrants serait prêt "dans cinq jours" sur l'île de Lesbos. Des milliers de familles dorment sur le bitume ou dans les champs depuis plusieurs nuits, après les gigantesques incendies de mardi et mercredi ayant détruit le camp de Moria. Ce dernier avait été mis en place en 2015 pour limiter le nombre de demandeurs d'asile venant de la Turquie et voulant rejoindre l'Europe. Plus de 12 000 personnes, dont 4 000 enfants, y résidaient. 

Ces dernières années, le manque d'hygiène et le surpeuplement du camp de Moria avaient été critiqués par les ONG de défense des droits des réfugiés. Elles ont régulièrement appelé les autorités grecques à transférer les migrants les plus vulnérables vers le continent. Une enquête est en cours pour déterminer la cause des incendies à Moria, mais le gouvernement a laissé entendre que les feux auraient été déclenchés volontairement par des demandeurs d'asile souhaitant quitter l'île.

Un confinement dans le nouveau camp

Depuis samedi 12 septembre, 300 personnes ont été installées dans un nouveau camp mis en place dans un ancien champ de tir appartenant à l'Etat, à trois kilomètres du port de Mytilène, chef-lieu de Lesbos. "Tout le monde sera installé dans le nouveau camp", a promis dimanche le ministre grec des Migrations, en visite sur l'île depuis deux jours pour coordonner les travaux. Les autorités ont indiqué qu'elles imposeraient des restrictions aux sorties des migrants de ce camp, en raison de la pandémie de Covid-19. Le ministre a estimé que "200 personnes" parmi les demandeurs d'asile pourraient être contaminées.

Des centaines de demandeurs d'asile refusent d'être enregistrés et d'intégrer le nouveau camp, après avoir attendu dans celui de Moria durant des mois, certains des années, d'être transférés dans des structures en Grèce continentale. Beaucoup d'entre eux ont peur d'être de nouveau enfermés, après avoir été confinés depuis la mi-mars à Moria, dans des conditions insalubres. Le ministre des migrations a tenu à souligner que le nouveau camp ne serait fermé que "12 heures" et que les migrants pourront sortir le reste de la journée.

Une manifestation a eu lieu samedi non loin du nouveau camp, des demandeurs d'asile brandissant des pancartes clamant "Liberté !" ou "Nous voulons quitter Moria". Des manifestants ont jeté des pierres sur les policiers qui ont répliqué par du gaz lacrymogène. Des réfugiés ont à nouveau manifesté dans le calme dimanche en fin matinée, selon une journaliste de l'AFP. Les forces anti-émeutes, dépêchées d'Athènes ces derniers jours, ont bloqué l'accès des journalistes au nouveau camp.