Guerres, violences, persécutions... En 2020, seulement "250 000 réfugiés ont pu rentrer chez eux", regrette l'ONU

85% des réfugiés viennent de pays en voie de développement. La plupart du temps, ils fuient la violence. 

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Radio France
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Des réfugies marchent à proximité de la frontière serbe et roumaine, en mai 2021.  (MICHAEL BUNEL / LE PICTORIUM / MAXPPP)

82 millions de personnes ont été déplacées en 2020 sur la planète, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Jamais un tel exode n'avait été constaté. Seulement "250 000 réfugiés ont pu rentrer chez eux l'année dernière", a indiqué vendredi 18 juin sur franceinfo Céline Schmitt, la porte-parole de l'agence onusienne.

franceinfo : Qui sont ces déplacés ?

Céline Schmitt : On ne parle que de personnes qui ont été forcées de fuir la guerre, la violence, la persécution, les violations de droits de l'homme, des droits humains. Ce sont des personnes qui sont réfugiées, c'est-à-dire qui ont traversé une frontière et qui ont cherché une protection, la sécurité dans un autre pays, mais aussi des personnes qui sont déplacées à l'intérieur de leur propre pays, qui ont dû fuir leur village, leur région vers d'autres régions. Ce sont des personnes forcées de fuir à cause de la violence.

En abandonnant tout derrière eux ?

Tout à fait. En étant parfois obligées de fuir en l'espace de quelques heures. C'est ce qu'on vit tous les jours quand on entend les histoires des réfugiés, leurs témoignages. C'est une décision, un choix extrêmement difficile à faire de devoir tout laisser. Et souvent, les personnes essayent jusqu'au dernier moment de rester chez elle, mais sont forcées de fuir, abandonnent tout, parfois avec pas d'affaire. Des familles, simplement, qui partent et qui cherchent la sécurité.

Où ont lieu ces exodes sur la planète ?

85% des réfugiés sont dans les pays en voie de développement. En fait, la majorité des personnes qui fuient la violence, la guerre sont des déplacées au sein de leur propre pays. Ce sont 48 millions de personnes qui sont déplacées au sein de leur propre pays et un peu plus de 26 millions de personnes qui ont traversé des frontières et qui sont des réfugiés.

Combien de réfugiés peuvent rentrer chez eux ?

Malheureusement, l'an dernier, le nombre de réfugiés qui ont pu rentrer chez eux a été au plus bas. Ce sont 250 000 réfugiés qui ont pu rentrer chez eux l'année dernière. Imaginez par rapport à 26,4 millions de réfugiés dans le monde, 250 000 ont pu rentrer chez eux. D'où notre appel à trouver des solutions parce qu'effectivement, on apporte une aide humanitaire, c'est important, mais en fait, ce qu'il faut, ce sont des solutions pour l'avenir.

Vous travaillez dans tous les pays ?

On travaille dans plus de 150 pays dans le monde. On travaille dans des situations qui ne sont pas toujours faciles et on essaie d'être présents là où sont présents les réfugiés, les déplacés internes, malgré les défis. On travaille aussi dans des pays comme la Libye, par exemple. L'aide humanitaire sur place et de trouver des solutions pour les réfugiés est essentiel. On a mis en œuvre, par exemple, un programme d'évacuation humanitaire de Libye. On ne travaille pas que dans des États de droit. On fait face parfois à des défis. On fait face aussi à des choix qu'on doit faire. Est-ce qu'on reste présent? Comment on travaille? On est présent dans la majorité des pays, parfois dans des situations très, très difficiles. Mais on reste parce que notre travail, c'est d'aider les personnes. Et c'est aussi ce que nous demandent les réfugiés, les déplacés. Souvent, quand on parle de notre travail, on parle de protection par la présence. Le fait d'être présent nous permet justement une protection.

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