EN IMAGES. Kos, une escale chaotique sur la route des migrants

Depuis le début de l'année, les îles grecques voient débarquer de plus en plus de migrants en provenance de Bodrum, en Turquie. Francetv info vous raconte en images leur arrivée sur Kos et leurs conditions de vie sur place, en attendant leur départ vers le nord de l'Europe.

Depuis le début de l'année, environ 160 000 migrants ont débarqué sur Kos et les autres îles grecques de la mer Egée. Ils ont été 50 000 au cours du mois de juillet, soit autant que pendant toute l'année 2014. Simple étape dans leur voyage vers le nord de l'Europe, la Grèce n'était pas préparée à cet afflux soudain.

Alors que la saison touristique bat son plein, les habitants et commerçants de Kos voient chaque jour arriver de nouveaux migrants en provenance de Bodrum, en Turquie, de l'autre côté d'un mince bras de la mer Egée. Des hommes, des femmes et des enfants qui fuient la guerre en Syrie, les attentats en Irak ou les attaques en Afghanistan. A Kos, aucune structure n'est prévue pour les accueillir et seules deux organisations humanitaires sont présentes sur place. Ils dorment dans des tentes, sur la plage, sur la promenade du front de mer, ou dans un hôtel désaffecté

Dès leur arrivée, ils organisent la suite de leur voyage : passage au commissariat, pour obtenir le laissez-passer qui leur permet de séjourner sur le territoire grec pendant un mois, voire six pour les Syriens, considérés comme des réfugiés de guerre. Ce précieux sésame leur donnera accès à l'un des ferries réquisitionnés par le gouvernement pour les emmener jusqu'à Athènes. De là, ils poursuivront leur périple vers le nord du continent, et notamment l'Allemagne.

Voici le récit, en images, de cette première étape en Europe, par notre envoyé spécial.

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Kos est l'une des îles grecques de la mer Egée les plus proches des côtes turques, ce qui fait d'elle l'une des destinations privilégiées des migrants. Bon nombre d'entre eux font la traversée en pleine nuit à bord de petits canots pneumatiques. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Partis d'une plage des environs de la station balnéaire turque de Bodrum, ces voyageurs clandestins accostent à Kos au lever du jour. Ils ont ramé pendant deux heures dans l'obscurité, seulement guidés par les lumières de la ville grecque. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les plages de Kos qui font face aux côtes turques sont parsemées de gilets de sauvetage, de chambres à air et d'épaves de bateaux gonflables, abandonnés par les migrants après leur traversée. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les passeurs exigent environ 1 000 euros en échange d'une place à bord d'une embarcation. Les migrants débarquent également de bateaux de pêche ou de voiliers, arraisonnés par les garde-côtes grecs. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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A Kos, comme à Leros, Lesbos et dans les autres îles grecques, les arrivées de migrants se sont accélérées. De 100 nouveaux arrivants par jour en mai, Kos est passée à 500 ou 600 en juillet, avec un pic à 800, selon les chiffres de Médecins sans frontières (MSF). BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Ici, il n'existe aucune structure d'accueil pour héberger les migrants. Beaucoup d'entre eux s'installent donc sur la plage en plein centre-ville, au pied du commissariat de police. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les migrants doivent ériger des digues de sable et creuser des fossés pour éviter que les vagues n'emportent le peu qu'ils ont. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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L'aide se fait rare. Seules deux organisations, MSF et la Croix-Rouge, sont présentes sur l'île, secondées par quelques touristes et habitants qui s'improvisent humanitaires. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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MSF a distribué des dizaines de tentes en donnant la priorité aux familles avec enfants. Les autres doivent bricoler des abris de fortune et glanent en ville de quoi les fabriquer. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Beaucoup dorment à même le sol sur la promenade du bord de mer. En pleine saison touristique, leur présence embarrasse touristes et commerçants. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Pendant la journée, la chaleur est accablante et, la nuit, le froid se fait sentir, même sous la tente. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Malgré ces conditions de vie, les migrants esquissent souvent le V de la victoire. Ils sont parvenus à entrer en Europe. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Certains gardent comme un trophée le canot pneumatique avec lequel ils sont arrivés. Le symbole à leurs yeux de leur exploit. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les journées sont longues et il n'y a souvent qu'un seul repas. Alors, pour tuer le temps, certains jouent aux cartes pendant que d'autres se baignent pour se rafraîchir. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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En périphérie de la ville, environ 500 migrants ont trouvé refuge dans un hôtel abandonné insalubre, le Captain Elias. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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MSF a installé des douches et des sanitaires à l'extérieur. Les équipes de l'ONG tiennent aussi chaque jour des consultations médicales. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les hommes dorment sur des matelas jetés par terre dans ce qui était autrefois la réception de l'hôtel. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Pakistanais, Afghans, Iraniens, Irakiens, Maliens... Les migrants de différentes nationalités ne se mélangent pas. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les Africains se sont installés à l'arrière de l'hôtel, autour de la piscine désaffectée, sous des tentes ou des cahutes de palmes. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les migrants sont pour la plupart de jeunes hommes entre 20 et 30 ans. Mais des familles entières, fuyant la guerre en Syrie, les attentats en Irak ou les attaques des talibans en Afghanistan, empruntent également les chemins de l'exil. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Chaque jour, des centaines de migrants se pressent au commissariat de police de Kos dans l'espoir de se faire enregistrer. L'attente peut durer des heures, voire des jours ou des semaines. La frustration génère des tensions et des bagarres éclatent parfois. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Une fois enregistrés, les migrants reçoivent un document autorisant leur séjour sur le territoire grec pendant un mois, voire six pour les Syriens, considérés comme des réfugiés de guerre. Un laissez-passer qui leur permet de poursuivre leur voyage. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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L'"Eleftherios Venizelos" a été spécialement affrété par le gouvernement grec pour les réfugiés syriens. D'abord centre d'enregistrement et dortoir flottant, le ferry a finalement pris la mer au bout de quelques jours en direction d'Athènes avec quelque 2 000 Syriens à son bord. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Les autres migrants, qu'ils soient pakistanais, iraniens, irakiens ou afghans, doivent attendre les ferries réquisitionnés par le gouvernement pour faire la liaison entre Kos et Athènes. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO
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Après cette escale sur l'île, souvent plus longue qu'espérée, les migrants peuvent poursuivre leur périple à travers la Macédoine, la Serbie et la Hongrie en direction des pays du nord de l'Europe, Allemagne en tête. BENOIT ZAGDOUN / FRANCETV INFO