Le militant Cédric Herrou de nouveau placé en garde à vue après un contrôle de police

Il a été interpellé sur l'autoroute A8, avec deux compagnons d'Emmaüs, des étrangers en situation régulière, selon son avocat. 

Cédric Herrou sur le marché de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), le 5 décembre 2016. 
Cédric Herrou sur le marché de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), le 5 décembre 2016.  (STEVEN WASSENAAR / HANS LUCAS / AFP)

C'est la onzième fois qu'il est arrêté. L'agriculteur militant Cédric Herrou a été interpellé et placé en garde à vue, samedi 26 octobre à Nice, après un contrôle de police, a indiqué son avocat à l'AFP. Le militant, qui a monté la première communauté rurale Emmaüs de France sur sa propriété de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes), a été interpellé en début de matinée sur l'autoroute A8 au péage de La Turbie, en compagnie de deux compagnons d'Emmaüs.

"Il se rendait, comme fréquemment, au marché de Saint-André-de-la Roche, près de Nice, pour vendre ses œufs et ses légumes, quand les CRS l'ont contrôlé ainsi que ses deux passagers", raconte Zia Oloumi, son avocat. "Cédric a alors filmé ses compagnons en train de se faire contrôler par les policiers, lorsque ces derniers lui ont intimé l'ordre d'arrêter. Cédric a indiqué qu'il était en droit de filmer et là, ils l'ont plaqué contre sa voiture et placé en garde à vue", ajoute l'avocat.

"Un acte de vengeance"

Selon Me Oloumi, les policiers ont évoqué un motif d'"aide à l'entrée d'étrangers en situation irrégulière". Les deux compagnons d'Emmaüs, des étrangers en situation régulière, précise Me Oloumi, ont été libérés, tandis que Cédric Herrou, amené au commissariat Auvare à Nice, n'avait pas encore été auditionné en milieu d'après-midi. "Pour quoi va-t-il être poursuivi, puisque les soi-disant 'clandestins' ne l'étaient pas ? Recel de courges ? Trafic de piments ? Détournement de basilic ?", s'interroge la page Facebook de Cédric Herrou.

Dans un tweet, le député LFI Jean-Luc Mélenchon s'est indigné, évoquant "un acte de vengeance d'une police qui ne supporte pas la décision de justice qui l'a relaxé".

Condamné à une amende par le tribunal correctionnel de Nice en mars 2017 pour avoir apporté de l'aide à des migrants, Cédric Herrou avait vu sa peine alourdie en appel à Aix-en-Provence, en août 2017. Ses avocats avaient ensuite saisi avec succès la Cour de cassation. Il doit être rejugé par la cour d'appel de Lyon à une date qui n'a pas encore fixée.