"Camion de l’horreur" : enquête sur une nouvelle forme "d'esclavage moderne"

En Angleterre, c'est toujours l'effroi après la découverte de 39 corps dans un camion. Ils seraient tombés sur des esclavagistes modernes.

Les familles sont en deuil et les parents pleurent la mort d'un enfant qu'ils ont laissé partir vers l'Europe. Des Vietnamiens qui étaient venus en Europe en quête d'une vie meilleure. Un couple avait laissé sa fille de 26 ans partir ; elle leur avait envoyé des textos leur expliquant qu'elle était à l'agonie dans le camion. Ils disent avoir payé 35 000 euros à des passeurs pour qu'elle puisse rejoindre la Grande-Bretagne. "Je lui ai demandé comment elle allait voyager, par quel moyen de transport", témoigne son père. "Elle m'a dit qu'elle emprunterait un service VIP par l'avion, par la route. Si j'avais su qu'elle allait voyager dans un camion, jamais je ne l'aurais laissée partir", relate Pham Van Thin.

Nouvel esclavage moderne

Les trafiquants leur auraient fait miroiter travail et logement en Angleterre. Certaines des 39 victimes auraient fait partie d'un convoi de près de 100 personnes en provenance de cette région rurale du Vietnam. Beaucoup passent par la France avant, dans des camps, où ils attendent le coup de fil d'un passeur pour les emmener. Une fois là-bas, ils devront travailler pour les rembourser : dans le bâtiment, des salons de manucure ou des restaurants. Une forme d'esclavage moderne difficile à quantifier selon les Britanniques.

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Des membres de la police scientifique britannique inspectent le camion dans lequel 39 migrants ont été retrouvés morts, le 23 octobre 2019 à Grays, à l\'est de Londres.
Des membres de la police scientifique britannique inspectent le camion dans lequel 39 migrants ont été retrouvés morts, le 23 octobre 2019 à Grays, à l'est de Londres. (BEN STANSALL / AFP)