Migrants : le nouveau départ de "l'Ocean Viking" est "une bonne nouvelle, parce que des gens meurent en mer"

"Nous allons faire des rondes", a expliqué sur franceinfo Hassiba Hadj Sahraoui, responsable des affaires humanitaires pour Médecins sans frontières.

L\'Ocean Viking, le nouveau navire de SOS Méditerranée et MSF à Marseille le 29 juillet 2019.
L'Ocean Viking, le nouveau navire de SOS Méditerranée et MSF à Marseille le 29 juillet 2019. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

Le navire de secours des migrants naufragés de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), l'Ocean Viking, s'apprête à quitter la France pour rejoindre les côtes libyennes. "C'est une bonne nouvelle parce que des gens meurent en mer. On a depuis janvier près de 600 personnes qui se sont noyées dans la Méditerranée," a déploré vendredi 2 août sur franceinfo Hassiba Hadj Sahraoui, responsable des affaires humanitaires pour MSF.

franceinfo : Votre navire s'apprête à partir. Est-ce une bonne nouvelle ?

Hassiba Hadj Sahraoui : Oui, c'est une bonne nouvelle que nous repartions, dans la mesure où le conflit en Libye fait que les migrants réfugiés demandeurs d'asile cherchent encore plus à fuir le pays, et ce alors que l'Union européenne ne dispose d'aucune capacité de sauvetage en mer. Donc oui, avoir une capacité de sauvetage, même minime, est une bonne nouvelle. C'est une bonne nouvelle, parce que des gens meurent en mer. Rappelons que près de 150 personnes se sont noyées en début de semaine en mer Méditerranée, que depuis janvier ce sont près de 600 personnes qui y ont perdu la vie. C'est la motivation principale de MSF et de SOS Méditerranée.

Vous attendez-vous à avoir des difficultés pour débarquer avec des migrants en Europe ?

Malheureusement, il y a un blocage des États membres de l'Union européenne pour assurer un débarquement des personnes sauvées en mer, avec beaucoup de politique, par exemple entre M. Salvini [le ministre italien de l'Intérieur] et les différents dirigeants européens. Nous espérons cependant et nous avons espoir que la conférence, qui a eu lieu à Paris il y a une dizaine de jours pour se mettre d'accord sur un mécanisme de désembarquement aboutira.

Si vous deviez récupérer des personnes en mer dans les prochains jours, où les débarqueriez-vous ?

Dans un premier temps, nous nous adresserons à toutes les autorités maritimes compétentes, aux autorités libyennes, mais également aux autorités italiennes et maltaises. Nous ne débarquerons pas en Libye car le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés dit que ce n'est pas un port sûr. Nous nous mettrons à distance égale de Malte et de l'Italie et nous activerons nos différents mécanismes de plaidoyers. En attendant, nous allons faire des rondes. Nous avons également une équipe qui fait de la détection. Nous sommes également en contact avec d'autres organisations, notamment les avions des ONG qui surveillent la Méditerranée, qui peuvent nous alerter sur un bateau en détresse.