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Migrants : l'Europe envisage une opération militaire contre les passeurs

L'Europe s'apprête à discuter d'une éventuelle opération militaire contre les trafiquants qui organisent les traversées meurtrières de migrants en Méditerranée.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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  (Cette semaine, un bateau de migrants secouru par la marine italienne en Méditerranée. © Maxppp)

En position d'accusée dans le drame poignant des naufrages de migrants en Méditerranée, l'Union européenne a décidé de montrer les dents aux trafiquants responsables de ce commerce criminel. Réunis ce jeudi, ils doivent entre autre discuter d'une éventuelle opération militaire contre les passeurs qui opèrent depuis la Libye.

"Capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants "

Il faut "entreprendre des efforts systématiques pour identifier, capturer et détruire les bateaux avant qu'ils ne soient utilisés par les trafiquants ", selon le projet de déclaration du sommet extraordinaire convoqué après un nouveau naufrage dimanche, qui a fait quelque 800 morts. Les moyens classiques de surveillance maritime semblent en tout cas très insuffisants.

Opérations ciblées

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient donc lancer les "préparatifs pour une possible opération de sécurité et de défense . Cette opération militaire serait une première dans la lutte contre l'immigration clandestine. C'est le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, qui a lancé l'idée d'"opérations ciblées ". Il ne s'agirait pas d'envoyer des troupes au sol, mais le mode opératoire n'est pas encore précisé. "Il va falloir préparer des plans opérationnels, puis mobiliser des moyens militaires ", explique un diplomate, ce qui veut dire que les choses prendront du temps.

"Que peut-on faire pour endiguer ce trafic par la force, la réponse est simple: rien "

Les experts se montrent toutefois assez sceptiques. "Que peut-on faire pour endiguer ce trafic par la force, la réponse est simple: rien ", a assuré l'ex-amiral français Alain Coldefy. Le plan soumis aux dirigeants européens prévoit de doubler le budget mensuel de l'agence Frontex, chargée de la surveillance des frontières, de trois à six millions d'euros.

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