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Merkel envisage de boycotter l'Euro 2012 pour soutenir l'Ukrainienne Timochenko

L'Ukraine met en garde l'Allemagne contre un "boycottage politique" digne de la "guerre froide" qui protesterait contre le traitement en prison de l'opposante ukrainienne.

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France Télévisions
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L'ex-Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko, le 2 février 2011 dans sa résidence de Kiev (Ukraine). Elle est incarcérée depuis août 2011. (SERGEI SUPINSKY / AFP)

L'Ukraine met en garde l'Allemagne contre un "boycottage politique" de l'Euro 2012 de football digne de la "guerre froide". Kiev a réagi lundi 30 avril à des informations selon lesquelles Berlin envisagerait de protester ainsi contre le traitement en prison de l'opposante Ioulia Timochenko. Egérie de la "révolution orange" en Ukraine en 2004, Timochenko a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir à l'époque où elle dirigeait le gouvernement. Elle a toujours dénoncé cette affaire comme étant une vengeance personnelle du président Viktor Ianoukovitch, élu en 2010, qui chercherait selon elle à l'écarter de la scène politique.

La chancelière Angela Merkel et les ministres de son gouvernement pourraient, selon la presse allemande, ne pas se rendre en Ukraine pour assister à des matchs de l'Euro 2012, co-organisé avec la Pologne du 8 juin au 1er juillet, si Ioulia Timochenko n'est pas libérée d'ici là.

L'Ukraine dénonce "une prise en otage" du sport

"Nous ne voudrions pas penser que les dirigeants politiques allemands sont capables de ranimer les méthodes de la guerre froide et qu'ils vont tenter de faire du sport l'otage de la politique", a déclaré un porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Volochine, cité par l'agence Interfax. Et il insiste : "Quelles qu'aient été les divergences entre les hommes politiques allemands et les gouvernements d'autres pays de notre région, aucun d'entre eux n'a jamais fait même une allusion à un boycottage d'importants événements sportifs."

Plusieurs pays de l'Union européenne, dont l'Allemagne, ont exprimé ces derniers jours leur inquiétude sur la situation de l'opposante ukrainienne, ancienne Première ministre, incarcérée depuis août 2011 et en grève de la faim depuis le 20 avril pour protester contre des violences dont elle dit avoir été victime en prison.

L'Europe manifeste sa désapprobation vis-à-vis de Kiev

Compte tenu de la situation politique en Ukraine, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déjà fait savoir qu'il n'avait "pas l'intention" de se rendre en Ukraine pour des matchs de l'Euro 2012. Interrogée par des journalistes sur un éventuel boycottage politique de cette compétition, sa porte-parole a rappelé que la Commission avait "de très grandes inquiétudes au sujet de ce qui se passe actuellement en Ukraine". De son côté, le président tchèque, Vaclav Klaus, a annulé une visite en Ukraine en raison de ses réserves sur l'incarcération de Ioulia Timochenko.

Le président allemand, Joachim Gauck, a quant à lui refusé récemment une invitation officielle à une réunion entre présidents des pays d'Europe centrale à la mi-mai, à Yalta, en Ukraine. Et Uli Hoeness, président du club de football allemand Bayern Munich, a appelé le patron de l'UEFA, Michel Platini, à faire pression sur Kiev pour obtenir une amélioration de la situation de Ioulia Timochenko.

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