Vidéo "Nous espérons que l'Ukraine fera partie de l'avenir de l'Europe", indique la vice-première ministre ukrainienne

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"La guerre n'est pas terminée et la guerre de grande envergure est encore possible sur tout le territoire ukrainien", a déclaré sur franceinfo Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne en charge de l’intégration européenne et des relations euro-atlantiques.

"Nous espérons que l'Ukraine fera partie de l'avenir de l'Europe", a indiqué Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne, en charge de l’intégration européenne et des relations euro-atlantiques, mardi 24 mai sur franceinfo, alors que l'Ukraine entre dans son quatrième mois de guerre avec la Russie. "Une guerre totale" qui se concentre désormais sur le Donbass et le sud du territoire. "Marioupol c'est l'Ukraine, c'est une ville ukrainienne qui se trouve sous une occupation temporaire russe. Le Donbass, c'est la part de l'Ukraine qui se trouve sous occupation", a insisté Olha Stefanishyna.

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La vice-première ministre ukrainienne qui a par ailleurs appelé ses ressortissants à la prudence dans leur volonté de retourner chez eux. "Nous ne sommes pas encore à l'abri. Chaque ville ukrainienne peut être atteinte par les tirs de missile", a-t-elle déclaré.

franceinfo : l'Union européenne doit se prononcer fin juin sur la demande d'adhésion de l'Ukraine. Un horizon de 15 à 20 ans pour rentrer dans l'Union européenne, est-ce un délai acceptable ?

Olha Stefanishyna : la décision concernant l'octroi de ce statut de pays candidat serait une garantie en faveur de la sécurité en Europe et dans toute la région. Elle doit être prise très prochainement. Ensuite, la procédure d'adhésion n'est pas simple, cela prend du temps, mais après le Conseil européen du 16 juin, nous allons pouvoir nous recentrer sur les problématiques de reconstruction de l'Ukraine et dans cette reconstruction, nous espérons que l'Ukraine fera partie de l'avenir de l'Europe.

La situation actuelle peut-elle déboucher sur des avancées dans les négociations de paix ?

Nous devons tous comprendre qu'actuellement en Ukraine, il y a une guerre totale, une guerre de grande envergure. Dès le premier jour de cette guerre, l'Ukraine s'est dit prête pour les négociations dans l'objectif de l'arrêter et qu'il n'y en ait pas d'autres à l'avenir. Mais cette négociation ne peut pas être compromise par des pertes de territoires.

"Marioupol c'est l'Ukraine, c'est une ville ukrainienne qui se trouve sous une occupation temporaire russe. Le Donbass, c'est la part de l'Ukraine qui se trouve sous occupation."

Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne

à franceinfo

L'Ukraine reçoit-elle suffisamment d'armes ?

Ce qui est important pour l'Ukraine, aujourd'hui, c'est de recevoir des armes de manière coordonnée en fonction des besoins et des calendriers de livraison. Les armes ne sont pas suffisantes compte tenu du fait que la fédération de Russie emploie tout type d'armes contre l'Ukraine et que son action est très destructrice. Toutes les armes, à part les armes nucléaires ont déjà été utilisées par la fédération de Russie sur le territoire ukrainien et il faut préciser que dans le Donbass et dans le Sud, la Russie peut livrer des armes, directement, et dans des quantités non-limitées.

Pensez-vous que le président Emmanuel Macron doit se rendre en Ukraine ?

Le président Emmanuel Macron est un grand ami de l'Ukraine. Toute l'Ukraine s'est réjouie de sa réélection et nous espérons vraiment qu'il trouvera le temps dans son agenda pour s'y rendre. Ce serait très important pour la nation ukrainienne.

"La France est devenue leader dans un grand nombre de décision et processus, sur le plan des livraisons humanitaires et sur le plan du matériel militaire."

Olha Stefanishyna, vice-première ministre ukrainienne

à franceinfo

Même si, comparé à d'autres États, la France donne moins en nombre quantitatif, elle a une politique de soutien conséquente et nous comptons vraiment sur l'appui de la France. Par ailleurs, nous comprenons qu'aujourd'hui la France joue un rôle clé en ce qui concerne la politique de sanctions envers la Russie.

Que dites-vous aux Ukrainiens qui sont en France ?

Tout d'abord, je souhaite remercier tous les citoyens français qui ont répondu à l'appel. Merci pour la chaleur de votre accueil et votre solidarité. La plupart des Ukrainiens veulent revenir en Ukraine au plus vite mais aujourd'hui je lance un message de prudence. La guerre n'est pas terminée et la guerre de grande envergure est encore possible sur tout le territoire ukrainien. Nous ne sommes pas encore à l'abri. Chaque ville ukrainienne peut être atteinte par les tirs de missile.

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