Ukraine : le principal dirigeant séparatiste pro-russe tué dans une explosion à Donetsk

Alexandre Zakhartchenko a été tué, vendredi, dans une explosion dans le centre de la "capitale" de la République populaire de Donetsk, autoproclamée par les séparatistes.

Le dirigeant de la République populaire autoproclamée de Donetsk, dans l\'est de l\'Ukraine, lors d\'une conférence de presse, à Donetsk, le 11 août 2014.
Le dirigeant de la République populaire autoproclamée de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, lors d'une conférence de presse, à Donetsk, le 11 août 2014. (SERGEI KARPUKHIN / REUTERS)

Le principal dirigeant des séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, Alexandre Zakhartchenko, a été tué vendredi 31 août, dans une explosion dans le centre de sa "capitale", Donetsk. Alexandre Zakhartcheko, 42 ans, était depuis le début du conflit dans l'est de l'Ukraine le "président" de la République populaire de Donetsk, autoproclamée par les séparatistes. Selon l'agence officielle de presse des séparatistes, DAN, une explosion s'est produite vers 17h30 (heure locale), dans un café du centre-ville, faisant plusieurs victimes.

Sa mort, ainsi que le limogeage en novembre 2017 d'Igor Plotnitski, le "président" de la République autoproclamée de Lougansk, voisine de Donetsk, et l'assassinat de plusieurs chefs de guerre, marquent la fin des dirigeants historiques des territoires séparatistes, arrivés au pouvoir à la faveur du conflit avec l'armée ukrainienne, qui a fait plus de 10 000 morts depuis son déclenchement en 2014.

Kiev et Moscou s'accusent mutuellement

Le président russe Vladimir Poutine a présenté dans un communiqué ses condoléances aux habitants de Donetsk, qualifiant Alexandre Zakhartchenko de "véritable leader populaire" et de "personne courageuse et déterminée". Selon lui, il s'agit d'"une preuve de plus que ceux qui ont choisi la voie de la terreur, de la violence, de la peur ne cherchent pas un règlement pacifique et politique du conflit", a-t-il ajouté, faisant implicitement allusion aux autorités ukrainiennes.

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a également estimé qu'il y avait "toutes les raisons de croire" que le gouvernement ukrainien était responsable de cet attentat. "Ce n'est pas la première fois que le régime de Kiev utilise de telles méthodes pour éliminer ceux qui ne sont pas d'accord avec lui et les indésirables", a-t-elle affirmé, citée par l'agence de presse publique TASS.

Les services de sécurité ukrainiens, le SBU, ont pour leur part démenti toute implication, affirmant que la mort d'Alexandre Zakhartchenko était le résultat de "conflits criminels internes" au sein de l'élite séparatiste prorusse. "Nous n'excluons pas une tentative des services secrets russes d'éliminer un personnage odieux qui, selon nos informations, gênait les Russes et dont ils n'avaient plus besoin", a même assuré à la télévision ukrainienne un haut responsable du SBU, Igor Gouskov.