Reportage Malgré la guerre en Ukraine, Odessa retrouve une certaine légèreté : "On ressent bien un peu de gaieté, mais..."

Depuis février, la cité mythique du bord de la mer Noire craint toujours une attaque de la Russie. Pourtant, les habitants de la troisième ville d’Ukraine tentent de reprendre une vie normale, réconfortés par l'arrivée des beaux jours.

Article rédigé par
Arthur Gerbault - Yashar Fazylov - Agathe Mahuet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Malgré la guerre, il règne une apparente douceur de vivre à Odessa (Ukraine), dimanche 15 mai 2022. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

Ils sont cinq ou six ados, pinceau à la main, sous un cerisier en fleurs, en train d'achever leurs œuvres, ce dimanche 15 mai. "Une scène de vie d'Odessa, montre Dana qui dessine au crayon noir un couple sur un banc. On se sent vivant d'être là, dehors, plutôt qu'enfermés chez nous. J'en avais un peu marre des cours de dessin en visio, derrière mon écran". Cela faisait des semaines que le cours d'Edita, la professeure, était donné à distance, en ligne. C'est donc la première fois que ces élèves se retrouvent dans la cité portuaire du Sud, depuis fin février et le début de l'invasion russe . 

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Dana (à gauche), avait suivi ses cours de dessin à distance. Elle retrouve enfin sa professeure et ses camarades. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

"Trop contente d'être là", dit la petite Natalya, dans ce parc au soleil où la guerre semble loin, soudain. Barricadée depuis le mois de mars, Odessa reprend des couleurs, malgré la menace des bombardements et d'une attaque de la Russie. Pourtant la ligne de front est à seulement 130 km à l'est et les sirènes d'alarme, de temps en temps, résonnent. Surtout, les traumatismes sont là, assure Edita : "Je crois qu'on soigne un peu l'âme des enfants. Ils vont mal à cause de toute cette situation. En fait, je vois bien qu'en ce moment, je suis moins professeure de peinture que psychologue."

"Certains enfants ont vraiment peur, moi aussi d'ailleurs. Mais je dois rester forte pour les soutenir."

Edita, professeure de dessin

à franceinfo

Qu'importe ce qu'ils dessinent, pourvu qu'ils s'expriment, résume la professeure. Les promeneurs sont nombreux à quelques heures encore du couvre-feu et malgré les barrages de barbelés, les sacs de sable dans les plus jolies rues du centre de la ville, Odessa respire un peu. "On veut que ça reste une ville joyeuse comme elle l'a toujours été pour tous les Ukrainiens", dit Oleh, soldat de l'armée ukrainienne qui vient de Ternopil, à 600 km au nord-ouest d'Odessa. Et c'est pour ça qu'on la protège. On ressent bien un peu de gaieté, mais c'est trompeur, les raids aériens ne sont pas loin. Malgré l'ambiance printanière, le beau temps, tout est bloqué. La mer est inaccessible. C'est comme un nuage qui voile le soleil".

Un accordéoniste dans les rues d'Odessa (Ukraine), dimanche 15 mai. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

Et Oleh dit comme il est fier de défendre Odessa et l'Ukraine pour permettre aux civils de continuer à vivre presque avec légèreté. 

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