Reportage Guerre en Ukraine : autour de la centrale de Zaporijjia, les bombardements précipitent la fuite des habitants

Alors que les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique continuent leur mission à Zaporijjia, où se trouve la plus grande centrale nucléaire d'Europe, les habitants de la région fuient les bombardements qui se sont intensifiés ces dernières heures.

Article rédigé par
Benjamin Thuau - Benjamin Illy
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les habitants d'Energodar fuient les bombardements et trouvent refuge dans ce centre d'accueil à Zaporijia. (BENJAMIN ILLY / RADIO FRANCE)

Les inspecteurs de l'AIEA poursuivent leur mission dans la région de Zaporijjia dans le sud de l'Ukraine où se trouve la plus grande centrale nucléaire d'Europe située en pleine zone de combats. Ces dernières heures, vendredi 3 septembre, les bombardements se sont intensifiés notamment dans la ville d'Energodar, où est implantée la centrale.

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Les habitants d'Energodar se retrouvent par dizaines, dans ce centre d'accueil, épuisés. Ils ont jeté quelques affaires dans le coffre de leur voiture, pris leurs chats, leurs chiens. Ils ont vécu plusieurs mois sous occupation russe, à l'ombre de la centrale et de la menace d'un accident nucléaire. Mais là, ils sont à bout : il fallait partir vite et rejoindre la ville de Zaporijjia, à une cinquantaine de kilomètres à vol d'oiseau.

"C'est la folie, la folie..., soupire Liudmila, 74 ans. Nous ne voulions pas partir, mais les bombardements, cette fois, étaient vraiment terribles : il y avait des explosions partout..." "La mairie a été touchée, poursuit-elle. Il y a avait des voitures brûlées dans les rues, il y avait des tirs de canons, les maisons ont volé en éclats. J'ai assisté à cela toute la journée et ensuite, on a pris nos valises." Les mains qui tremblent quand elle parle, Liudmila se souvient du bruit autour. "J'étais pétrifiée d'horreur", se souvient-elle. 

À la centrale nucléaire, la situation est "critique"

"La situation est critique, c'est un cauchemar, explique ce technicien de la centrale nucléaire, qui y travaille depuis 29 ans et souhaite garder l'anonymat. Il y a du matériel militaire partout, des éclats, des débris. Les vitres sont brisées et il y a des incendies sur le site. Seuls les réacteurs et la salle des turbines sont restés intacts : le reste détériorés." "J'ai vu les obus, les missiles, les explosions, poursuit-il. Quand tu entends le sifflement, tu te précipites au sol. Impossible de savoir d'où venaient les tirs..."

"Les Russes disent que ce sont les Ukrainiens, les Ukrainiens disent que ce sont les Russes. Mais il ne faut jamais croire les Russes : ce sont les envahisseurs."

Un technicien de la centrale

à franceinfo

Pourquoi s'est-il finalement décidé à partir ? "Parce que, répond-il, ils ont commencé à tirer depuis les hélicoptères, avec des mortiers, des canons. On ne pouvait plus rester sur place. Ils tirent sur les maisons et des gens sont morts. Ils tirent même sur les hôpitaux et les écoles maternelles." Là, lui et les autres s'apprêtent à prendre la route, jusqu'à Kiev.

Ukraine : la fuite des habitants de Zaporijjia - Reportage de Benjamin Illy et Benjamin Thuau
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