Reportage Guerre en Ukraine : à Irpin, la vie dans des trains aménagés en attendant mieux

Trois mois après la libération de la ville d’Irpin, au nord-ouest de Kiev, de nombreuses familles sont toujours privées de logements à cause de la guerre. Pour leur venir en aide, les autorités ukrainiennes proposent un hébergement dans les wagons d'un train équipé de douches, d'un restaurant et d'internet.

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A ce jour, 56 personnes logent dans les wagons-lits d'Irpin. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

"Ils sont comme à la maison ! Ce ne sont pas les passagers d'un train mais des habitants !" Ce responsable des chemins de fer ukrainiens présente fièrement les sept wagons aux couleurs nationales. En Ukraine, près de trois mois après la libération de la ville d’Irpin, au nord-ouest de Kiev, des dizaines de familles sont toujours privées de logements, détruits durant la guerre contre les forces russes.

Des douches, un restaurant et internet

Aussi, pour leur venir en aide, les autorités ukrainiennes proposent, depuis le 15 juin, un hébergement dans des wagons de train composés de couchettes, de douches, d’un restaurant ou encore d’une bibliothèque. Le tout est climatisé et connecté à internet. Karina, 38 ans, habite là avec ses deux chats. Comme les 56 premiers résidents, elle a tout perdu. Après plusieurs semaines passées dans sa famille, elle a accepté cette solution.

"Ici, on nous donne le temps pour nous reconstruire. On n'a pas une multitude de tâches ménagères quotidiennes. Le plus difficile, c'est quand je commence à ressasser le passé."

Karina, 38 ans

à franceinfo

Ce passé hante également. Volodymyr, 73 ans, à la retraite. Il est de retour à Irpin après trois mois hébergé par sa sœur. "Dieu merci, on ne manque de rien ! Mais je n'arrive pas à oublier, indique-t-il. Parfois, je me rends devant ma maison détruite et j'ai le cœur qui s'emballe."

Volodymyr Ilitc, 73 ans, a trouvé refuge dans un des wagons-lits à Irpin mis en place par les autorités. Il a perdu sa maison, qu'il voulait léguer à ses petits-enfants. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Volodymir a des problèmes cardiaques et il craint que son coeur ne le lâche. Alors il le soigne, avec des cachets. Son dernier espoir est d'obtenir des réparations : "Je dois penser à mes petits-enfants, cette maison, elle était pour eux...", soupire-t-il. Pour échapper quelques instants à ce cauchemar, Volodymyr se réfugie souvent dans les chansons de sa jeunesse, qu'il écoute dans la cabine de son wagon, en attendant des jours meilleurs.

Ukraine : à Irpin, des réfugiés hébergés dans des wagons - Reportage d'Omar Ouahmane et Gilles Gallinaro
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