Missile tombé en Pologne : Volodymyr Zelensky qui accuse la Russie "n'aurait pas lancé des paroles sans preuves", affirme l'ambassadeur d'Ukraine en France

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Vadym Omelchenko explique sur franceinfo que le président ukrainien "s'appuie sur les données des militaires et des renseignements ukrainiens". L'Ukraine demande à ce que ses "experts et militaires" aient accès "au lieu de l'incident".

Deux jours après la chute d'un missile sur le sol polonais tuant deux personnes, plusieurs théorie s'affrontent sur l'origine du tir. L'OTAN évoque un tir de la défense ukrainienne tandisque que Volodymyr Zelensky affirme qu'il s'agit d'un missile russe. Selon Vadym Omelchenko, ambassadeur d’Ukraine en France, invité de franceinfo jeudi 17 novembre, le président ukrainien "n'aurait pas lancé des paroles sans preuves, comprenant l'importance et la responsabilité de cette question". 

franceinfo Est-ce que vous maintenez cette version ?

Vadym Omelchenko : Je peux tout à fait confirmer que notre président s'appuie sur les données des militaires ukrainiens et les données des renseignements ukrainiens. Il a des raisons d'affirmer ce qu'il affirme. Lorsque nos partenaires, au préalable, affirment le contraire, ce ne sont que des affirmations préalables. Je tiens à souligner que l'enquête se poursuit. La partie ukrainienne insiste sur le fait que nos experts et nos militaires puissent avoir accès au lieu de l'incident. Pour l'instant, ce n'est pas le cas. Afin de mener une enquête objective, nous sommes ouverts et nous avons besoin de la vérité.

Vous est prêt à fournir vos preuves ?

Nous sommes bien évidemment prêts. Nous sommes ouverts. Nous allons reconnaître tout résultat d'une enquête objective. Nous avons besoin de la vérité.

De quelles preuves s'agit-il ?

Je ne peux pas le dire actuellement, mais je sais que notre président n'aurait pas lancé des paroles sans preuves, comprenant l'importance et la responsabilité de cette question.

Si ce que vous dites est exact, cela veut dire que l'OTAN et les États-Unis mentent. Pourquoi ?

Je ne peux pas affirmer qu'ils ne veulent pas dire la vérité. Peut-être, ont-ils des données qui justifient cela. Nous avons besoin de les voir. L'enquête n'est pas encore terminée. Je ne peux pas dire sur quoi ils s'appuient. Nous ne les avons pas vues.

Pensez-vous que l'OTAN a peur d'un engrenage sachant que la Pologne est un de ses membres et qu'elle serait obligée de la défendre ?

Je ne l'exclus pas. C'est possible que l'OTAN puisse vouloir éviter l'escalade, car il s'agit d'une question sérieuse. Je vois que l'OTAN cherche à calmer le jeu.

La Russie a mené des frappes massives sur toute l'Ukraine. Est-ce que Poutine vous fait payer la déroute de Kherson ?

Il ne le fait pas payer qu'à nous. Poutine lance un défi, une nouvelle fois, à l'humanité. Je rappelle que c'est le plus grand bombardement des infrastructures civiles depuis le début de la guerre en Ukraine. Ces tirs ont eu lieu au moment même où se réunissait le G20, réunion où les questions les plus importantes pour l'humanité étaient réglées. Poutine, de manière manifeste, a accompli des gestes. Son représentant au G20, le ministre [des Affaires étrangères, Sergueï]Lavrov, une heure et demie avant ces tirs, avait quitté le sommet.

Ces derniers jours, Volodymyr Zelensky a évoqué à plusieurs reprises un plan de paix. À quelles conditions votre pays est-il prêt à négocier ?

Tout le monde attendait de sa part une formule de paix à propos de l'Ukraine. Le président a proposé un plan en dix points. Outre nos propositions fermes, il y a eu aussi des approches générales à savoir la sécurité nucléaire, la sécurité écologique, la sécurité alimentaire. En ce qui concerne l'Ukraine, nos exigences restent inchangées : le retrait des troupes russes hors des frontières de l'Ukraine internationalement reconnues.

Cela veut dire y compris la Crimée ?

La formule est "en dehors des frontières de l'Ukraine internationalement reconnue".

C'est un point non négociable ?

L'Ukraine exige la libération de l'ensemble de ces territoires. Deuxième point, ce sont les réparations. La résolution de l'Assemblée générale de l'ONU a reconnu le droit de l'Ukraine à obtenir les réparations [et le fait que] c'est la Russie qui doit les payer, car les destructions catastrophiques qui ont été commises doivent être payées. Le troisième point, c'est la traduction de tous les criminels et les crimes commis devant la justice. Le nombre des crimes de guerre a atteint aujourd'hui 6 000 cas et quelqu'un doit répondre.

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