Guerre en Ukraine : le dilemme des sportifs français engagés dans les championnats russes

Des sportifs français sont engagés dans les championnats en Russie ou envisagent de le faire, malgré la guerre en Ukraine. Certaines fédérations l'interdisent, d'autres non. Le ministère des Sports souhaite clarifier cette situation.

Article rédigé par
Julien Froment - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Le hockeyeur français Yohann Auvitu lors d'un match contre la République tchèque, le 13 avril 2018 à Amiens (Somme) (FRED HASLIN / MAXPPP)

Peut-on aller jouer dans le championnat de Russie, alors que le pays est en guerre contre l'Ukraine, quand on est un joueur de l'équipe de France ? Cette question éthique, certains ne se la posent pas : cet été, le hockeyeur Yohann Auvitu, membre de l'équipe de France, s'est engagé dans le championnat russe, mettant sa fédération dans l'embarras.

Le président de la fédération française de hockey Pierre-Yves Gerbeau ne s'en cache pas : voir un de ses joueurs stars jouer en Russie, c'est un choix sportif défendable, mais très discutable d'un point de vue moral. "En tant que fédération on a évacué 110 personnes, des familles de joueurs de hockey qu'on a intégrés dans nos championnats, accueillis dans nos clubs", rappelle-t-il

"Cela pose des vrais soucis de cohérence, d'éthique et de positionnement par rapport au drame humanitaire."

Pierre-Yves Gerbeau

à franceinfo

À chacun sa ligne de conduite. Les basketteurs de l'équipe de France ont signé une charte qui prévoit qu'ils ne seront plus sélectionnables s'ils s'engagent en Russie ou en Biélorussie. 

Rien de comparable à la fédération française de volley : le président Eric Tanguy s'y refuse pour l'instant. "Nous avons décidé de ne pas mettre de clause pour interdire à nos joueurs d'aller en Russie. Nous sommes dans un cadre professionnel, explique-t-il. Par contre, si les joueurs souhaitent partir en Russie, je vais les appeler et échanger avec eux, et nous prendrons une décision."

Le ministère des Sports compte bien mettre fin à cette cacophonie. L'entourage de la ministre Amélie Oudéa Castera affirme à franceinfo qu'un discours de fermeté a été tenu aux fédérations, et que celles qui suspendront provisoirement un joueur ou une joueuse engagé.e en Russie bénéficieront d'un soutien.

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