Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir de la journée du lundi 10 octobre

Une demi-douzaine de déflagrations ont été entendues à Kiev lundi, tandis que les régions de Lviv, de Rivne, de Dnipro ou encore de Zaporijjia ont également été ciblées par des frappes russes. 

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Des dégâts causés par une frappe dans le centre de Kiev (Ukraine), le 10 octobre 2022.  (SERGII KHARCHENKO / NURPHOTO / AFP)

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé "une escalade inacceptable de la guerre" en Ukraine, lundi 10 octobre, après des frappes massives russes sur plusieurs villes ukrainiennes, qui ont fait au moins 14 morts et 97 blessés à travers le pays, selon un dernier bilan de la présidence et des services d'urgence ukrainiens. Le président français, Emmanuel Macron, a quant à lui déploré un "changement profond de la nature" du conflit. Franceinfo fait le point sur les actualités de la journée sur le front de la guerre en Ukraine.

Une série de frappes touchant plusieurs villes 

D'après les autorités ukrainiennes, 83 missiles ont été tirés par les forces russes lundi, dont la moitié environ ont pu être interceptés. Des infrastructures énergétiques mais également des cibles civiles ont été touchées. 

Une demi-douzaine de déflagrations ont été entendues à Kiev, la capitale, notamment dans le centre-ville, pulvérisant notamment une aire de jeux pour enfants dans un parc. Le maire de la ville, Vitali Klitschko, a appelé les habitants à "rester dans les abris". Les régions de Lviv et de Rivne, dans l'ouest de l'Ukraine, de Dnipro dans le centre ou encore de Zaporijjia, dans le sud, ont également été ciblées, tout comme les régions de Kharkiv et de Donetsk, dans l'est. 

Selon la police ukrainienne, "29 infrastructures essentielles, quatre immeubles et 35 bâtiments résidentiels privés" ont été endommagés, ainsi qu'une "école de la capitale""Ils essaient de nous détruire tous, de nous effacer de la surface de la terre", a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky lundi matin, réclamant à ses alliés occidentaux une réponse "dure" face aux actions de Moscou.

Plusieurs régions privées d'électricité 

Les missiles russes ont touché plusieurs infrastructures énergétiques, entraînant des coupures d'électricité et d'eau chaude dans plusieurs régions. Le ministère des Situations d'urgence ukrainien a annoncé que cinq régions, Lviv et Ternopil, Kharkiv et Soumi et Poltava, n'avaient "pas d'approvisionnement en électricité" à la suite des bombardements. "Dans le reste de l'Ukraine, l'approvisionnement en électricité est partiellement perturbé", a-t-il ajouté sur Telegram.

Vladimir Poutine confirme "des frappes massives"

Le président russe, Vladimir Poutine, a confirmé lundi "des frappes massives" menées "contre l'infrastructure énergétique, militaire et de communication de l'Ukraine", "sur proposition du ministère de la Défense et en conformité avec le plan de l'état-major". 

Le dirigeant a justifié ses bombardements "massifs" en dénonçant l'attaque "terroriste" contre le pont reliant la Russie à la Crimée, péninsule annexée par Moscou en 2014. La Russie attribue la responsabilité de cette attaque à Kiev. 

L'UE évoque des "crimes de guerre"

L'Union européenne a estimé que ces attaques, dont certaines ont touché des infrastructures civiles, s'apparentaient à des "crimes de guerre" dont les responsables devront "rendre compte". L'Otan a condamné des "attaques horribles et aveugles" contre des infrastructures civiles, et promis son soutien à Kiev "aussi longtemps qu'il le faudra", selon le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

Aux Etats-Unis, Joe Biden, a "fermement condamné" ces frappes, une preuve selon le dirigeant de la "brutalité absolue" de son homologue russe Vladimir Poutine. Le président américain a assuré que ces attaques ne feraient que renforcer le soutien américain à l'Ukraine, et que Washington continuerait "d'imposer un lourd coût à la Russie pour son agression"

L'Allemagne, de son côté, a annoncé qu'elle livrerait en urgence un premier système de défense antiaérienne promis de longue date.

La Biélorussie déploie des troupes aux côtés de la Russie 

Ces frappes n'ont pas été le seul signe d'escalade du conflit lundi. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a accusé l'Ukraine de préparer une attaque contre son pays, et annoncé qu'en conséquence Minsk allait déployer un groupement russo-biélorusse, sans préciser où.

"Des tirs de roquettes guidées ont eu lieu ces dernières heures depuis le territoire biélorusse vers l'Ukraine. Les frappes depuis le sol biélorusse vers Kiev sont une première depuis fin mars", a souligné auprès de l'AFP Pierre Grasser, chercheur français associé au centre Sirice à Paris. Des drones iraniens ont également été lancés à partir de la Biélorussie, selon Kiev. 

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