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En Ukraine, des enfants "jouent à la guerre" près de la ligne de front et traquent les Russes contre des bonbons

Dans le village de Tykhyi Stav, un groupe d'enfants est posté sur un faux checkpoint avec des Kalachnikov en plastique. Ils profitent des vacances scolaires pour "jouer à la guerre", sous le regard parfois attristé des habitants. 

Article rédigé par Thibault Lefèvre - Alexandre Abergel
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Valia, Bodia et Bogdan, trois enfants ukrainiens âgés de treize ans, font semblant de tenir un checkpoint, à Tykhyi Stav sur le front de Kherson. (THIBAULT LEFEVRE / RADIO FRANCE)

Valia a un foulard sur le visage. Le petit Bodia, un pistolet en plastique dans la main. Et Bogdan un gilet pare-balle et une fausse Kalachnikov à l’épaule. Dans le village de Tykhyi Stav, près de Dnipropetrovsk, à une quinzaine de kilomètres de la ligne de front, ce checkpoint militaire aurait tout l'air d'un vrai, s'il n'était pas tenu par trois enfants de treize ans. 

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Ce sont les vacances scolaires en Ukraine. Une voiture s'arrête : "Vos passeports, vos passeports !", demandent les trois copains, lundi 6 juin. "Ouvrez le coffre, vous allez où ?" Comme des grands, ils vérifient les identités des passagers, fouillent les véhicules... "Nous on contrôle et on protège le village Tykhyi Stav", dit la fillette. "On protège notre patrie !", ajoute son ami. 

 

Le checkpoint des enfants : reportage de Thibault Lefèvre et Alexandre Abergel

En apparence, c’est un jeu. Mais pour la petite bande, c’est très sérieux. "Les militaires russes, on les appelle les orques, reprend la fillette, et s'ils essaient de passer on casse les vitres des voitures." Ils sont ici depuis un mois, dès 10 heures du matin. La guerre hante leurs vacances scolaires et leurs nuits. "Dans mes rêves, je nous vois tous morts", explique la petite fille, lorsqu'on lui demande si elle fait des cauchemars. 

Parmi les conducteurs contrôlés, Valeri emprunte la route avec son camion, plusieurs fois par semaine, pour ravitailler l’armée : "Les enfants doivent jouer à autre chose. Ce n’est pas drôle, c’est juste très triste, regrette-t-il.

"On espère arriver au moment où les enfants pourront s’amuser autrement, avec des jeux plus joyeux."

Valeri

à franceinfo

"Les enfants doivent profiter de la vie, confie ce chauffeur. Se développer, participer à des jeux d’équipes et vivre loin de ces horreurs". En attendant le retour de la paix, Valeri pense à offrir des bonbons, à chacun de ses passages. Le butin du jour ? Deux plaquettes de chocolat et un grand sac en plastique rempli de sucreries.

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