Annexion des territoires ukrainiens par la Russie : "Nous devons continuer à nous battre", clame une députée ukrainienne

Lors d'une cérémonie au Kremlin vendredi, Vladimir Poutine a officialisé l'annexion des régions ukrainiennes de Louhansk, de Donetsk, de Kherson et de Zaporijjia, occupées par les troupes russes.

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Radio France
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La députée ukrainienne Lesia Vasylenko lors d'une conférence du parti travailliste britannique à Liverpool, le 27 septembre 2022. Photo d'illustration. (ADAM VAUGHAN / EPA / MAXPPP)

"Ça ne change absolument rien : l'Ukraine est un état unitaire, qui est constitué dans ses frontières de 1991, frontières qui étaient reconnues par toute la communauté internationale, la Russie y compris", réagit vendredi 30 septembre sur franceinfo Lesia Vasylenko, députée ukrainienne. Plus tôt dans la journée, le président russe Vladimir Poutine a signé l'annexion de quatre régions d'Ukraine à la Russie, lors d'une cérémonie au Kremlin en présence des quatre dirigeants prorusses de ces territoires contrôlés en totalité ou en partie par Moscou. Les régions concernées sont celles de Donetsk et Lougansk à l'est de l'Ukraine, et de Zaporijjia et Kherson situées au sud du pays.

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franceinfo : Qu'avez-vous ressenti en voyant ce vendredi la Russie célébrer l'annexion des quatre régions ukrainiennes ?

Lesia Vasylenk : Ça ne change absolument rien : l'Ukraine est un état unitaire, qui est constitué dans ses frontières de 1991. Frontières qui étaient reconnues par toute la communauté internationale, la Russie y compris. Ces frontières incluent : la Crimée (annexée depuis 2014), les régions de Donestsk, Lougansk, Kherson et Zaporijjia. Il y a des millions et des millions d'Ukrainiens qui habitent dans ces régions et qui n'ont pas participé à cette farce que les Russes appellent "référendums". Ils veulent toujours être Ukrainiens, parler leur langue, habiter sous le drapeau ukrainien. Ce qui veut dire vivre dans un pays libre, qui respecte les droits humains et qui respecte les libertés. Nous devons continuer à nous battre pour ces gens. Ça va être très difficile pour eux dans les semaines à venir, et le gouvernement ukrainien va faire son possible pour que ces personnes puissent continuer de résister dans ces territoires, aient les moyens de résister. Et on va bien sûr, faire au plus vite pour que ces territoires soient libérés de l'occupation russe.

Vladimir Poutine a appelé le régime de Kiev à cesser les tirs et à revenir à la table des négociations, est-ce un appel que vous pouvez entendre ?

C'est du chantage, ce sont des ultimatums : comment pouvons-nous nous assoir à une table avec Vladimir Poutine et commencer à négocier avec un criminel international, un terroriste, un agresseur ? On pourrait négocier dans d'autres conditions, la première est que tous les soldats russes se retirent du territoire ukrainien, qu'ils nous laissent en paix. C'est la première condition pour commencer n'importe quelle négociation.

"On ne peut pas négocier avec la menace de bombardements, de missiles, de frappes… Aujourd'hui, ce ne sont pas des négociations, ce sont des menaces forcées."

Lesia Vasylenko, députée ukrainienne

à franceinfo

Il y a une nouvelle fois, une demande accélérée d'adhésion de l'Ukraine à l'Otan à la demande du président ukrainien Volodimir Zelensky. C'est maintenant qu'il faut entrer au sein de l'Otan ?

Absolument et c'est dans les intérêts des pays membres de l'Otan, pour qu'on soit uni à la fois contre l'agression russe mais aussi contre l'impérialisme russe. On ne peut pas permettre à un empire de se rétablir au XXIe siècle: on va avoir trop de problèmes, trop de guerres, trop de morts si on laisse Poutine agir comme il le fait maintenant. Et pour cela, on doit unir nos efforts et être dans un espace commun.

L'idée est compliquée d'intégrer l'Ukraine au sein de l'Otan, car cela voudrait dire que l'Otan est en guerre avec la Russie ?

Les pays membres de l'Otan avec leurs soutiens pour l'Ukraine sont déjà en guerre avec la Russie. S'ils ne montrent pas plus de soutien pour l'Ukraine, ils risquent vraiment de voir leurs frontières trop proches de la Russie et de voir la guerre venir dans leur pays. Tout d'abord dans les pays baltes, puis dans les autres pays de l'Europe de l'Est.

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