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Lors des référendums du 13 juin, les électeurs italiens ont notamment refusé la privatisation de la gestion de l'eau

Le principe de la gestion publique municipale est donc maintenu.Slogan de la campagne de ces opposants à la privatisation: "l'eau est un bien commun".
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Des religieuses manifestant près du Vatican en faveur du référendum refusant la privatisation de l'eau (AFP - ANDREAS SOLARO)

Le principe de la gestion publique municipale est donc maintenu.

Slogan de la campagne de ces opposants à la privatisation: "l'eau est un bien commun".

Le référendum avait été organisé à l'initiative du Forum citoyen des mouvements de l'eau, avec l'appui des verts, de la gauche, du parti de l'ex-juge anticorruption Antonio Di Pietro et du principal syndicat italien, la CGIL. Son site: acquabenecomune.org

En Italie, "un référendum populaire est fixé pour décider de l"abrogation, totale ou partielle, d"une loi ou d"un acte ayant valeur de loi, quand le demandent 500.000 électeurs ou cinq Conseils régionaux", selon l'article 75 de la Constitution italienne.

Le scrutin visait à obtenir un décret-loi, adopté en novembre 2009, par le gouvernement de Silvio Berlusconi. Ce décret rendait obligatoire les appels d'offres dans l'attribution de la gestion de l'eau pour accorder plus de place aux entreprises privées. Dans le même temps, il limitait la participation des collectivités locales dans les groupes chargés de ladite gestion.

"L'eau est un bien public" et ce texte "n'en prévoit pas la privatisation", avait alors affirmé Andrea Ronchi, ministre des politiques communautaires, dont ce décret-loi porte le nom, face aux protestations de l'opposition de gauche, des associations écologistes et de consommateurs.

Plutôt que de "privatisation", le ministre préférait parler de "libéralisation". Selon lui, le projet visait à "combattre les monopoles, les distorsions (de concurrence), l'inefficacité, avec pour objectif de garantir aux citoyens une meilleure qualité et des prix plus bas".

Une autre loi, votée en 2006 par le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, était elle aussi mise en cause par les adversaires de la privatisation. But de cette loi: autoriser la participation, même minoritaire, de groupes privés dans le capital des régies municipales d'eau, permettant à ces dernières de trouver de l'argent frais pour la modernisation des équipements.

Le mouvement à l'origine du référendum craignait, en cas de privatisation, l'arrivée dans la péninsule des grands groupes mondiaux de l'eau comme Suez et Véolia. "Quelques grands groupes feront des affaires en or au détriment des citoyens qui subiront l'augmentation des tarifs de l'eau", déclarait, avant le scrutin, la vice-présidente du Parti démocrate, Marina Sereni.

Aux dires des observateurs, le système italien de gestion de l'eau, qui représente un marché de 8 milliards d'euros, est "archaïque". Son réseau hydrique se caractérise notamment par l'un des taux de perte les plus élevés d'Europe (en raison de fuites dans les tuyaux etc...). Autre caractéristique: les prix du précieux liquide sont parmi les plus bas du Vieux continent.

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