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Les Indignés espagnols ont regagné le centre de Madrid vendredi soir, pour protester contre des violences policières

Jeudi soir, un rassemblement devant le ministère de l'Intérieur s'est terminé par une charge de la police, faisant 20 blessés.La police avait récemment investi la Puerta del sol, délogeant les derniers campeurs. La place est devenue le lieu symbolique de la contestation contre le chômage et les mesures d'austérité du gouvernement Zapatero.
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La Puerta del Sol à Madrid, où des milliers d'Indignés" protestent, le 5 août 2011, contre les violences policières. (Pedro Acosta / AFP)

Jeudi soir, un rassemblement devant le ministère de l'Intérieur s'est terminé par une charge de la police, faisant 20 blessés.

La police avait récemment investi la Puerta del sol, délogeant les derniers campeurs. La place est devenue le lieu symbolique de la contestation contre le chômage et les mesures d'austérité du gouvernement Zapatero.

"Los Indignados", qui ont vu le jour peu avant les élections municipales et régionales du 22 mai, reprochent notamment aux gouvernements d'avoir renfloué les pertes du secteur financier après la crise de 2008-2009 et d'en faire payer le prix aux peuples, victimes de l'austérité et du chômage.

Des milliers d'Indignés reprennent la Puerta del Sol
Plusieurs milliers de manifestants ont défilé vendredi soir à Madrid jusqu'à la Puerta de Sol, totalement rouverte au public, pour dénoncer les heurts avec la police la veille, les plus graves depuis le début, mi-mai, de ce mouvement emblématique de la crise.

Un demi-millier de personnes ont également manifesté sans violence à Barcelone (nord-est) et 300 à Valence (est), selon des médias espagnols.

"Honte! honte! honte", ont scandé les protestataires à Madrid devant le ministère de l'Intérieur, dénonçant l'intervention policière et l'arrestation de quatre personnes dont deux ont été libérées depuis, selon le journal El Païs.

Vingt personnes avaient été blessées dont sept policiers, selon les services d'urgence, lors de l'intervention des forces de l'ordre devant le ministère jeudi. "Abus de pouvoir", "la voix du peuple n'est pas illégal", criaient-ils aux policiers anti-émeute postés devant le bâtiment.

"La police anti-émeute a tapé tout le monde, les femmes et les vieux aussi", a raconté Oriol, un Indigné de 33 ans, blessé et revenu le bras dans le plâtre.

"Cette place n'appartient pas au pape", "Moins de crucifix, plus de travail", pouvait-on encore lire sur des pancartes. Tous dénonçaient également l'évacuation mardi à l'aube du campement le plus emblématique du mouvement. Une opération menée, selon eux, pour "nettoyer" la place avant la visite du pape du 18 au 21 août à Madrid.

Le coeur d'un mouvement commencé mi-mai
La Puerta del Sol avait été occupée pendant un mois, du 17 mai au 12 juin, par un village de tentes devenu le coeur du mouvement. Depuis, il n'y restait qu'un stand d'information animé par les militants 24 heures sur 24 qui a été évacué mardi et que les "indignés" entendaient réinstaller.

Né à la mi-mai autour d'un même ras-le-bol, rassemblant jeunes, chômeurs, salariés ou retraités, le mouvement, relayé par les réseaux sociaux et soutenu par l'opinion publique, a réuni jusqu'à 200.000 manifestants le 12 juin et a essaimé en Europe.

Samedi dernier, un camp d'Indignés qui campaient depuis deux mois au centre d'Athènes a aussi été évacué par la police.

Le 26 juillet, un groupe d'une cinquantaine d'Indignés espagnols a quitté Madrid à pied pour Bruxelles en passant par la France.

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