Les députés et représentants régionaux ont élu mercredi un nouveau président de la République allemande

Angela Merkel a été humiliée mercredi. Son candidat à la présidence, le conservateur Christian Wulff, n'a été élu qu'au 3e et dernier tour.M.Wulff, 51 ans, jusqu'ici ministre-président de la région de Basse-Saxe, a finalement recueilli 625 voix, contre 494 voix pour le candidat de l'opposition sociale-démocrate/écologiste, Joachim Gauck, 70 ans.

Christian  Wulff, le nouveau président allemand - 30/06/10
Christian Wulff, le nouveau président allemand - 30/06/10 (AFP Johannes Eisele)

Angela Merkel a été humiliée mercredi. Son candidat à la présidence, le conservateur Christian Wulff, n'a été élu qu'au 3e et dernier tour.

M.Wulff, 51 ans, jusqu'ici ministre-président de la région de Basse-Saxe, a finalement recueilli 625 voix, contre 494 voix pour le candidat de l'opposition sociale-démocrate/écologiste, Joachim Gauck, 70 ans.

A l'issue de cet ultime tour de scrutin, Christian Wulff est donc devenu le 10e président fédéral, premier personnage de l'Etat, dont la fonction est largement honorifique.

Mais cette élection s'avère surtout une gifle politique pour Angela Merkel dont la coalition conservatrice-libérale qu'elle dirige depuis octobre est traversée de profondes dissensions.

Christian Wulff succède à Horst Köhler qui a démissionné le 31 mai, après une polémique suite à des propos controversés sur l'engagement militaire de l'Allemagne à l'étranger.

Les deux autres candidats, la candidate de Die Linke (extrême gauche), Lukrezia Jochimsen, et celui des néo-nazis du NPD s'étaient retirés du scrutin avant cet ultime tour de scrutin.

Christian Wulff, un baron conservateur
Christian Wulff a longtemps été considéré comme un rival potentiel de la chancelière. Cet élégant avocat de formation, blond, lisse et souriant, disant de lui-même qu'il n'est pas un "alpha mâle", a derrière lui une longue carrière en province, va ainsi devenir le premier personnage de l'Etat et le plus jeune président de la République fédérale.

Christian Wulff a toujours été précoce: militant à 20 ans de l'Union démocrate-chrétienne (CDU), il a seulement 34 ans quand il défie aux élections régionales de Basse-Saxe (nord) Gerhard Schröder, un ténor du parti social-démocrate (SPD) et futur chancelier. En 2003, il finit par arracher le Land à la gauche emmenée par Sigmar Gabriel, l'actuel chef du SPD.

Il est réélu en 2008 à la tête du gouvernement de Basse-Saxe, où il mène une politique conservatrice classique, avec notamment un plan drastique d'économies, avant d'adoucir son profil et de soigner son image sociale.

Ce catholique a ainsi souvent pris fait et cause pour les syndicats Volkswagen, depuis son fauteuil au conseil de surveillance du constructeur automobile, qui a son siège en Basse-Saxe. Il a nommé récemment une ministre d'origine turque dans son gouvernement régional, une première en Allemagne.

Bourreau de travail - avec une journée "normale" de 18 heures, selon ses dires -, celui que l'on surnomme le "Kennedy de la Leine" du nom du fleuve qui traverse Hanovre, la capitale de sa région, ne s'est jamais vraiment imposé au niveau national, n'ayant jamais été ministre fédéral. En 2008, Christian Wulff avait avoué qu'il lui manquait "l'appétit inconditionnel pour le pouvoir".