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Les députés espagnols ont approuvé mardi la fameuse "règle d'or" réclamée par Paris et Berlin

Réunis en session extraordinaire, les membres de la chambre basse ont voté à une écrasante majorité en faveur d'un examen en urgence d'une réforme constitutionnelle destinée à garantir la stabilité budgétaire.Les députés se retrouveront vendredi pour donner leur feu vert au texte. Ils transmettront ensuite le projet aux sénateurs.
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Le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, le 28 juin 2011. (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)
Réunis en session extraordinaire, les membres de la chambre basse ont voté à une écrasante majorité en faveur d'un examen en urgence d'une réforme constitutionnelle destinée à garantir la stabilité budgétaire.

Les députés se retrouveront vendredi pour donner leur feu vert au texte. Ils transmettront ensuite le projet aux sénateurs.

L'approbation du texte, qui vise à inclure dans la Constitution le principe d'une limite du déficit public, ne devrait être qu'une formalité.

Le Parti socialiste au pouvoir (PSOE) et l'opposition de droite du Parti Populaire (PP) ont en effet déjà trouvé un accord en ce sens.

Pour Madrid, la réforme, qui s'accompagne d'une loi organique (qui sera votée d'ici juin 2012) incluant une limite chiffrée à 0,4% du PIB, doit servir de vaccin face à des marchés financiers toujours sceptiques sur la solidité du pays.

L'Espagne deviendra ainsi le premier pays à répondre à l'appel lancé le 16 août par la France et l'Allemagne, qui ont souhaité que les 17 pays de l'eurogroupe adoptent avant l'été 2012 la "règle d'or" visant à l'équilibre budgétaire.

Berlin l'inclut depuis 2009 dans sa Constitution, tandis que l'Italie et la France ont aussi ce projet.

Les porteparole des deux partis majoritaires ont souligné l'effet positif qu'une telle mesure pourrait provoquer, alors que les marchés n'ont cessé de douter des capacités de remboursement du pays ibérique.

"Nous sommes un pays qui rembourse ses dettes, et il ne peut y avoir aucun doute à ce sujet", a martelé le socialiste, José Antonio Alonso.

"L'équilibre budgétaire n'est plus une option, c'est un devoir public, c'est une obligation constitutionnelle", a renchéri son homologue du PP, Soraya Saenz de Santamaria.

Marge de manoeuvre réduite
Si les analystes financiers saluent dans leur ensemble l'adoption dans la Constitution du principe de stabilité budgétaire, certains, comme Soledad Pellon d'IG Markets, font remarquer que "cela limitera totalement le gouvernement dans sa politique budgétaire", ce qui "à certains moments peut être contre-productif".

Un aspect de la réforme interprété comme une perte de souveraineté de l'Etat face aux marchés financiers qui inquiète jusque dans les rangs des socialistes.

La ministre de la Défense Carme Chacon a ainsi implicitement appelé à la tenue d'un référendum. Une pétition en ce sens a d'ailleurs déjà recueilli mardi midi plus de 115 000 signatures sur Internet.

Les deux principaux syndicats, CCOO et UGT, se sont également prononcés contre la réforme et ont appelé à une grande maifestation le 6 septembre à Madrid ainsi qu'à des rassemblements dans plusieurs villes mercredi et jeudi.

Les indignés, un mouvement citoyen qui manifeste depuis la mi-mai contre un taux de chomâge historique (20,89%) et l'incapacité de la classe politique à résoudre les problèmes du pays, se réuniront mardi devant le Parlement. Ils étaient déjà des milliers à manifester dimanche dans toute l'Espagne.

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