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Le premier anniversaire du séisme de L'Aquila en Italie a été marqué par des récriminations et du recueillement

Le conseil municipal a été agité lundi soir avant une phase d'hommages, des marches aux flambeaux et une messe en pleine nuit, ont constaté des journalistes de l'AFP.Des centaines d'habitants se sont massés sous une tente pour la réunion municipale extraordinaire organisée au début des cérémonies.
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Les habitants de l'Aquila lors de la cérémonie en souvenir des victimes du séisme qui a ravagé la ville le 6 avril 2009 (France 2)

Le conseil municipal a été agité lundi soir avant une phase d'hommages, des marches aux flambeaux et une messe en pleine nuit, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des centaines d'habitants se sont massés sous une tente pour la réunion municipale extraordinaire organisée au début des cérémonies.

Elles commémoraient le tremblement de terre qui a ravagé cette ville médiévale et ses environs le 6 avril 2009 faisant 308 morts et privant de logement 80.000 personnes.

Hommes et femmes de tous les âges ont défilé en silence et dans le froid, des bougies, des cierges ou torches à la main, dans les rues du périmètre sécurisé.

Quatre cortèges devaient converger vers la place de la cathédrale où à 3H32 (1H32 GMT), l'heure exacte du séisme, seront égrenés les noms des défunts au son des cloches avant une messe solennelle. D'autres cérémonies sont prévues mardi à L'Aquila , notamment une grande chaîne humaine avec lâcher de ballons.

Le maire critiqué
Des voix se sont élevées lundi soir pour critiquer le maire Massimo Cialente et son équipe qui se sont défendus en soulignant qu'il leur avait fallu d'abord gérer l'urgence.

"La ville est restée figée, vidée de ses habitants, il y a eu seulement quelques mises en sécurité", a critiqué Anna Colasanto, une habitante membre du comité des brouettes qui ont manifesté plusieurs dimanches de suite pour se réapproprier le centre historique envahi par les décombres.

Certains ont protesté parce qu'il n'y avait pas assez de place sous la tente: "comment voulez-vous reconstruire la ville si vous n'êtes pas capables d'organiser un conseil municipal", a dénoncé Eugenio Colasanto, responsable du comité de sauvegarde de la vieille ville.

Près de la moitié des habitants n'ont pas réintégré leur habitation
D'autres ont mis en avant le problème du logement alors que sur les 120.000 habitants de L'Aquila et villages avoisinants, plus de 52.000 n'ont toujours pas réintégré leur habitation. Et quelque 14.000 ont reçu des logements flambant neufs surnommés les maisons Berlusconi, mais au milieu de nulle part et sans transports, services publics, magasins...

Pourtant le conseil municipal, où ont été lus des messages du chef du gouvernement Silvio Berlusconi et du président Giorgio Napolitano, avait commencé dans le calme à l'écoute des chants émouvants de cette zone montagneuse du Gran Sasso entonnés par la chorale locale, avant une minute de silence.

Le maire a appelé l'assistance "à regarder vers l'avenir alors que jusqu'à présent c'était le temps de la douleur", demandant au gouvernement de créer une "taxe spéciale de solidarité" pour financer la reconstruction comme pour d'autres séismes.

"Le centre historique est dans le même état qu'il y a un an, il faut s'attaquer à sa reconstruction", a renchéri Carlo Benedetti, un autre responsable municipal, en se félicitant de la réouverture de l'université, des écoles, de certaines usines, des bureaux et services publics et sociaux.

Les esprits se sont calmés quand vers 20H00 GMT, sont parties les premières marches aux flambeaux rassemblant des milliers de citoyens mais aussi de volontaires (protection civile, croix rouge et autres organisations italiennes) qui avaient participé aux secours.


Une église endommagée par le séisme, à l'Aquila (Italie), le 6 avril 2009

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