Le ministre italien des Affaires étrangères a dénoncé la vacuité du mini-sommet entre Sarkozy et Merkel.

"Franchement, on n'a pas compris quelle était la substance de la rencontre d'hier" entre M. Sarkozy et Mme Merkel à Berlin, a dit M. Frattini en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

Franco Frattini, le 5 octobre 2011.
Franco Frattini, le 5 octobre 2011. (ANDREAS SOLARO / AFP)

"Franchement, on n'a pas compris quelle était la substance de la rencontre d'hier" entre M. Sarkozy et Mme Merkel à Berlin, a dit M. Frattini en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg.

Le ministre italien n'a pas caché son mécontentement par rapport à la rencontre franco-allemande de dimanche. Il a insisté sur le fait que la méthode classique et donc communautaire doit être mise en place. Il a plaidé pour le retour de cette méthode plutôt que ce genre de réunion qui laisse de côté les 25 autres Etats de l'Union.

La rencontre entre le président français et la chancelière allemande est "une perte de temps" alors que la Grèce est aux abois, a souligné le chef de la diplomatie italienne. Il a souhaité que la nouvelle tranche de 8 milliards de prêts destinée à Athènes soit débloquée sans plus tarder et que des décisions "concrètes" soient prises à l'occasion du prochain sommet des dirigeants européens, le 23 octobre à Bruxelles. "Nous pensons qu'une situation globale ne se résoudra pas par des axes bilatéraux", a-t-il insisté.

La chancelière allemande et le président français ont promis dimanche des propositions "rapides" pour régler la crise en zone euro, mais sans entrer dans les détails.

L'Italie n'avait déjà guère apprécié une précédente rencontre bilatérale Sarkozy-Merkel qui s'était déroulée mi-août à Berlin et s'était surtout émue d'une fin 2010 à Deauville en France.

L'Allemagne et la France, les deux plus importantes économies de la zone euro, jouent un rôle crucial pour préparer les compromis qui seront soumis plus tard aux autres pays européens sur la crise de la dette. Mais en multipliant les mini-sommets bilatéraux, les deux pays donnent aussi souvent le sentiment de tenir leurs partenaires européens à l'écart des décisions.