Le gouvernement italien a adopté vendredi un plan de rigueur de 45,5 milliards d'euros sur deux ans

Le gouvernement espère ainsi stopper les attaques spéculatives contre l'Italie, rattrapée par la crise de la dette dans la zone euro.L'objectif est de parvenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de l'objectif initial de 2014.

Silvio Berlusconi (d) et Giulio Tremonti (g)échangent lors d\'une conférence au palais Chigi, le 5 août 2011.
Silvio Berlusconi (d) et Giulio Tremonti (g)échangent lors d'une conférence au palais Chigi, le 5 août 2011. (AFP - Vincenzo Pinto)
Le gouvernement espère ainsi stopper les attaques spéculatives contre l'Italie, rattrapée par la crise de la dette dans la zone euro.

L'objectif est de parvenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de l'objectif initial de 2014.
Les nouvelles mesures se chiffrent à 45,5 milliards d'euros sur deux ans. Elles devraient permettre de récupérer "20 milliards en 2012 et 25 milliards en 2013", a affirmé le chef du gouvernement Silvio Berlusconi, en rencontrant des partenaires sociaux. Ce nouveau plan viendra s'ajouter à la cure d'austérité de 48 milliards sur trois ans adoptée par le parlement à la mi-juillet.

Les hauts revenus seront taxés
Grande nouveauté, le Cavaliere, 74 ans, a annoncé une "taxe de solidarité" pour les revenus les plus élevés. Selon les médias, elle sera de 5% pour les foyers dont les revenus dépassent les 90.000 euros par an et de 10% pour les familles gagnant plus de 150 000 euros par an. Jusque-là, soucieux de ménager son électorat de centre-droit, Silvio Berlusconi s'était opposé farouchement à cette taxe, qualifiant l'impôt sur les grandes fortunes de "truc de gauche".

Mais la Ligue du Nord, son allié clé, l'a convaincu qu'il ne pouvait pas s'en prendre exclusivement à la classe moyenne. Le chef du parti, Umberto Bossi, avait dit redouter que les nouvelles mesures ne pénalisent excessivement la classe moyenne, notamment les coupes dans les retraites et aides sociales. "Soit on s'en prend aux pauvres soit on s'en prend aux riches", avait-t-il souligné.

Pressions de la BCE, coupes dans les collectivités locales
Devant 150 parlementaires revenus spécialement de vacances, le ministre de l'Economie Giulio Tremonti avait expliqué jeudi que Rome a dû agir "en raison de l'intensification de la crise" de la dette dans la zone euro. Il a reconnu avoir reçu récemment une lettre "secrète" de la Banque centrale européenne, contenant des pistes à suivre pour redresser les comptes publics italiens.

Parmi les mesures envisagées, figuraient la réduction des coûts de la bureaucratie. Silvio Berlusconi a donc annoncé vouloir "tailler dans les coûts de la politique", allusion à une demande pressante de l'opinion publique, furieuse des privilèges de "la caste" comme est désormais surnommée la classe politique.

Silvio Berlusconi, l'une des plus grandes fortunes d'Italie, a parlé d'une quinzaine de mesures pour économiser 8,5 milliards en deux ans sur le fonctionnement de l'Etat. Le gouvernement entend notamment "réduire le nombre de provinces" (départements) et "regrouper les communes" les plus petites, a précisé son ministre de l'Economie Giulio Tremonti.

Celui-ci a confirmé que l'Italie suivra une bonne partie des recommandations de la BCE, en particulier celles sur la libéralisation de l'économie, la privatisation des sociétés municipales, la réduction de certaines aides sociales et retraites. Le gouvernement a aussi prévu de renforcer la lutte contre l'évasion fiscale, d'augmenter la taxation des gains financiers (de 12,5% à 20%) et a promis plus de flexibilité dans le droit du travail (licenciements, recours aux contrats à durée déterminée).