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La justice pose la question de la folie d'Anders Behring Breivik

Une expertise avait conclu que l'extrémiste norvégien de 33 ans souffrait de schizophrénie paranoïde. Une contre-expertise a estimé qu'il était sain d'esprit. La justice s'interroge. 

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France Télévisions
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Anders Behring Breivik parle avec l'un de ses avocats au tribunal d'Oslo (Norvège), le 25 avril 2012.  (HAKON MOSVOLD LARSEN / AFP)

Anders Behring Breivik est-il fou ? Au huitième jour de son procès, mercredi 25 avril, le tribunal d'Oslo se penche sur la question de la santé mentale de l'homme qui a tué 77 personnes en Norvège le 22 juillet 2011.

La santé mentale de Breivik est la question centrale du procès. Reconnu pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée tant qu'il sera considéré comme dangereux.

• "Toute la Norvège a vu que je ne suis pas irrationel" 

Concernant son éventuel placement dans un établissement psychiatrique, le tueur de 33 ans a affirmé n'être "plus très inquiet", convaincu d'avoir prouver être sain d'esprit ces huit derniers jours. 

"Je crois que toute la Norvège a vu que je ne suis pas irrationnel", a déclaré l'extrémiste de droite. Mercredi, il avait répété ne pas vouloir "finir dans un asile" et évoqué la lettre d'un militant nationaliste suédois qui a décrit son propre traitement dans un hôpital psychiatrique comme "une lobotomie chimique". "Il décrit ça comme atroce. Il bave assis à une table", avait-il relaté.

• "Si j'avais été jihadiste, je n'aurais pas fait l'objet d'une expertise"

Pour l'extrémiste de droite, un internement psychiatrique serait "pire que la mort". Il l'a dit et répété au cours de son procès, Breivik veut être déclaré sain d'esprit et donc pénalement responsable pour ne pas voir son idéologie islamophobe décrédibilisée par un diagnostic. S'il reconnaît les faits, il refuse de se déclarer coupable au sens pénal du terme.

"Si j'avais été un jihadiste barbu, je n'aurais pas fait l'objet d'une expertise psychiatrique du tout", avait déjà affirmé l'homme de 33 ans devant la cour lundi. "Mais parce que je suis un militant nationaliste, je suis exposé à un grave racisme, avait-il ajouté. Ils essaient de délégitimer tout ce en quoi je crois."

• Les experts-psychiatres "pas compétents", selon Breivik

Mandatés par le tribunal d'Oslo, deux psychiatres avaient conclu en novembre dernier que Breivik souffrait de "schizophrénie paranoïde". Sur la foi de ces conclusions, ils avaient plaidé pour un internement psychiatrique plutôt que pour la prison.

"La personne décrite dans ce rapport, ce n'est pas moi", s'est défendu Breivik avant de mettre en cause le jugement des experts : "Ils étaient émotionnellement sous le coup [des attaques du 22 juillet 2011] et il leur manquait des compétences pour évaluer un auteur de violences politiques", a-t-il affirmé.

Il a accusé les experts-psychiatres d'avoir inventé des propos visant à le faire passer pour dément. "Ce sont des inventions mal intentionnées", a déclaré Breivik, corrigeant ensuite : "Ce n'est peut-être pas mal intentionné, mais c'est en tout cas faux." 

Une contre-expertise demandée par la justice après le tollé provoqué par la première évaluation avait quant à elle conclu que Breivik était sain d'esprit, semant le trouble sur sa santé mentale réelle. A la justice de trancher. 

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