Vidéo Grande-Bretagne : après le Brexit, y aura-t-il de la dinde à Noël… et des citrouilles à Halloween ?

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France Télévisions

Pour cause de Brexit puis de Covid-19, la main-d'œuvre étrangère fait cruellement défaut dans les exploitations agricoles britanniques. Et les producteurs sont de plus en plus inquiets... Extrait d'un reportage d'"Envoyé spécial".

A deux heures trente de route au nord de Londres, une équipe d'"Envoyé spécial" a fait halte en pleine campagne anglaise, dans un champ de citrouilles. Bientôt Halloween... Mais cette année, la cueillette s'annonce compromise.   

Depuis le Brexit, impossible de faire appel aux saisonniers bulgares qui travaillaient ici d'habitude. "On manque cruellement de main-d'œuvre, dans tous les secteurs, à travers le pays, explique un agriculteur. Il n'y a jamais eu autant d'offres d'emploi vacantes. Qui va venir ramasser les légumes sous la pluie, quand on peut trouver un boulot bien au chaud dans un magasin ?"

Des fruits et légumes qui pourrissent sur pied, faute d'être récoltés

Ses compatriotes qui ont voté en faveur du Brexit avaient-ils pensé à ce type de conséquence ? "Non, répond Henry Bloxham, je ne crois pas qu'ils se rendaient compte du nombre de travailleurs d'Europe de l'Est qui travaillaient dans l'agriculture."

Sous l'effet cumulé du Covid et du Brexit, 1 300 000 travailleurs étrangers ont quitté le pays. A travers l'Angleterre, des fruits et légumes pourrissent sur pied, faute d'être récoltés. Les consommateurs ne s'en aperçoivent pas encore, mais les producteurs, eux, sont en alerte. 

La dinde de Noël risque de ne pas être britannique...

Paul Kelly, lui, est à la tête d'un élevage familial de dindes, devenu une PME florissante – notamment grâce à la main-d'œuvre européenne. Mais cette année, alors que Noël approche à grands pas, l'éleveur ne sait pas avec certitude ce qu'il fera de ses 1 500 dindes. Car pour les plumer, il a besoin d'une soixantaine de personnes à temps plein, en novembre et décembre. Comme un millier d'autres producteurs, explique-t-il. Sans compter "les gros élevages industriels qui, eux, ont besoin de milliers de travailleurs".

Alors, y aura-t-il de la dinde à Noël ? Oui, nous rassure Paul Kelly, mais elle ne sera pas britannique, pense-t-il : "Les supermarchés iront les acheter en France, en Pologne, en Allemagne... L'an dernier, on avait des dindes britanniques, maintenant, on va les faire venir d'Europe ! Parce qu'on a pris les travailleurs qu'on avait, on les a renvoyés là-bas, et on va faire revenir les produits ici..." Lui non plus ne pense pas que ce soit là le Brexit que certains avaient promis aux électeurs… "Non, ce n'est pas pour ça que les gens ont voté !"

 Extrait de "Pénuries : le revers du Brexit ?", un reportage à voir dans "Envoyé spécial" le 14 octobre 2021.

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