"Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" : le ministre en charge du Brexit, David Davis, claque la porte du gouvernement

David Davis a estimé que l'accord négocié entre le Royaume-Uni et l'UE sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit ne permettrait pas de respecter le vote des Britanniques.

Le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, à Londres, le 29 janvier 2018.
Le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, à Londres, le 29 janvier 2018. (TOBY MELVILLE / REUTERS)

Une démission en forme de camouflet pour Theresa May. Le ministre britannique en charge du Brexit, David Davis, a démissionné dimanche 8 juillet. Un revers pour la Première ministre Theresa May qui pensait avoir obtenu les coudées franches pour négocier la future relation avec l'Union européenne.

La démission intervient deux jours après une réunion de Theresa May avec ses ministres qui avait abouti à l'annonce d'un accord sur la volonté de maintenir une relation commerciale post-Brexit étroite avec l'UE. Mais David Davis, 69 ans, eurosceptique convaincu, a estimé dans sa lettre de démission que la voie suivie ne permettrait pas de délivrer ce pour quoi les Britanniques avaient voté.

"Un conscrit réticent"

"Au mieux, nous serons dans une position de faiblesse pour négocier" avec Bruxelles, a estimé ce vieux routier de la politique britannique, qui a été secrétaire d'Etat aux Affaires européennes de 1994 à 1997, avant de tenter de prendre la direction du Parti conservateur en 2005, échouant face à David Cameron."L'intérêt national exige un ministre du Brexit qui croie fermement en votre approche, et pas seulement un conscrit réticent", a-t-il ajouté. Sa démission a été suivie de celle des secrétaires d'État au Brexit, Steve Baker et Suella Braverman, selon les médias britanniques.

Dans une lettre adressée à David Davis, la Première ministre a salué sa contribution "à certaines des législations les plus importantes pour des générations". David Davis avait été nommé en juillet 2016 pour prendre la tête du ministère créé au lendemain du vote des Britanniques pour quitter l'UE.