"Il faut réformer l'UE de l'intérieur" pour la "réhabiliter" et éviter d'autres Brexit

L'économiste Christophe Ramaux et le journaliste Étienne Lefebvre débattent mardi 15 janvier dans le Soir 3 du rejet du texte sur le Brexit par le Royaume-Uni, de ses conséquences et de l'avenir de l'UE.

France 3

Avec le vote négatif des députés britanniques mardi 15 janvier, "la situation est dangereuse. On a le risque d'un Brexit en désordre avec des conséquences de pagaille à court terme dans les aéroports, les ports pour le Royaume-Uni et pour toutes les entreprises européennes", prévient Etienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos.

"L'UE apparaiî aux yeux de pas mal de peuples comme synonyme de régression démocratique et de régression sociale. Le Brexit est l'expression du peuple britannique de sa volonté de maîtriser son destin. Il faut entendre cela", rappelle dans le Soir 3 Christophe Ramaux, enseignant en économie à la Sorbonne.

"L'Allemagne pose problème"

En tout cas, "les pays qui veulent sortir de l'UE verront que ce n'est pas si simple d'en sortir, note Étienne Lefebvre. Mais il faut réformer l'UE de l'intérieur. Des choses fonctionnent mal. La Commission européenne a prôné le passage à la majorité qualifiée à la place de l'unanimité pour l'adoption d'un texte. Tous les dossiers sont bloqués aujourd'hui".

"Depuis 1986, l'UE a été conçue pour remettre en cause la souveraineté nationale. Le seul moyen pour réhabiliter l'Union est qu'elle soit au service des États sociaux nationaux et de la démocratie", lance Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés. Et d'ajouter : "L'Allemagne est un problème. Elle impose aux autres pays européens une concurrence où on se fait la guerre commerciale les uns contre les autres. Un autre moyen pour sauver l'UE, c'est d'augmenter les salaires partout et plus fortement en Allemagne".

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Des drapeaux flottent devant le Parlement européen, le 12 octobre 2012 à Strasbourg (Bas-Rhin).
Des drapeaux flottent devant le Parlement européen, le 12 octobre 2012 à Strasbourg (Bas-Rhin). (FREDERICK FLORIN / AFP)