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Brexit : trois questions sur le "plongeon éclair" de la livre sterling

La devise britannique s'est brièvement effondrée, vendredi matin, sur les marchés asiatiques. Quelques heures plus tôt, François Hollande avait appelé Bruxelles à la "fermeté" dans ses négociations avec Londres.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Un employé de banque compte des billets en livres sterling, à Bagkok (Thaïlande), le 12 octobre 2010. (SUKREE SUKPLANG / REUTERS)

Cela s'appelle un "flash crash" ou "plongeon éclair". La livre britannique s'est effondrée, vendredi 7 octobre, accentuant encore la chute entamée au début de la semaine. En cause, notamment, la crainte d'un "Brexit dur" et un appel de François Hollande à la "fermeté" de Bruxelles, dans les négociations avec le Royaume-Uni. Explications.

Qu'a dit François Hollande exactement ?

Dans un discours prononcé à l’occasion des 20 ans de la création de l’Institut Jacques Delors, jeudi soir, le chef de l'Etat a plaidé pour la "fermeté". "Aujourd’hui, le Royaume-Uni veut partir mais ne voudrait rien payer. Ce n’est pas possible. Le Royaume-Uni a décidé de faire un Brexit, je crois même un Brexit dur. Et bien il faut aller jusqu’au bout de la volonté des Britanniques de sortir de l’Union européenne", a-t-il déclaré.

"Il faut qu'il y ait une menace, il faut qu'il y ait un risque, il faut qu'il y ait un prix", a insisté François Hollande. Des déclarations qui ont remis en lumière la pire crainte des financiers : un divorce conflictuel entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, qui rendrait les affaires plus complexes à conduire de part et d'autre de la Manche.

La livre n'avait pas été aussi secouée depuis l'annonce des résultats du référendum du 23 juin sur le Brexit, qui l'avaient fait glisser de 10% et provoqué la panique sur les marchés financiers de la planète. Elle était déjà sous forte pression cette semaine, après l'annonce par la Première ministre britannique, Theresa May, du lancement d'ici fin mars 2017 de la procédure de sortie de l'Union européenne par le Royaume-Uni.

Qu'est-il arrivé à la livre sterling ?

Peu après 8 heures à Tokyo (Japon), et au milieu de la nuit à Paris, la livre sterling a ponctuellement chuté à 1,1841 dollar, soit un nouveau plus bas depuis 1985, avant de se redresser autour de 1,24 dollar. Même plongeon face à l'euro, qui a atteint 94,15 pence au même moment, un niveau inédit depuis début 2009, contre 88,42 pence deux heures plus tôt.

Il est difficile de savoir ce qui est arrivé. Parmi les hypothèses qui circulent : des algorithmes incontrôlés se seraient mis à vendre de la livre sterling à tout va, après des propos de François Hollande qui a plaidé pour la "fermeté" de Bruxelles face à Londres, dans les négociations du Brexit.

Des courtiers cités par l'agence spécialisée Bloomberg (en anglais) estiment que ce plongeon très ponctuel pourrait en effet avoir été causé par des ordres automatiques, dans un contexte de faibles liquidités en début d'échanges sur les marchés asiatiques. D'autres envisagent toutefois l'hypothèse d'une erreur humaine.

Tout est-il rentré dans l'ordre ?

Quelques heures après l'incident, c'était le calme plat ou presque sur les grandes places financières. "Je pense que la City s'habitue à ce genre de 'plongeon éclair' alors il y a peu de raisons qu'il déclenche un mouvement de panique", a expliqué à l'AFP Kathleen Brooks, analyste chez City Index. 

Et ce d'autant plus que le mouvement a été bref. La livre, qui a plongé de plus de 6% en quelques minutes, est rapidement remontée à proximité de ses niveaux préalables. A titre de comparaison, elle avait chuté, mais sans se reprendre, de plus de 10% après la décision des Britanniques de quitter l'UE le 23 juin.

Ce bref plongeon alimente la nervosité, mais les analystes s'accordent à dire que la livre britannique est partie pour baisser durablement du fait des inquiétudes liées aux négociations, politiques, du Brexit. La monnaie reste donc à la merci des propos des responsables politiques britanniques et européens.

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