Brexit, suite et (bientôt) fin ? On a tenté de lister les dates cruciales à retenir… pour l'instant

Vous pensiez que le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, amorcé par référendum le 23 juin 2016, touchait bientôt à sa fin ? Sachez que nous en avons peut-être jusqu'à fin 2022.  

Un partisan du Brexit, devant Westminster, à Londres, le 28 mars 2019. 
Un partisan du Brexit, devant Westminster, à Londres, le 28 mars 2019.  (TOLGA AKMEN / AFP)

Une semaine avant la (nouvelle) date officielle du Brexit, Theresa May demande un nouveau report. La Première ministre a proposé, vendredi 5 avril, une autre extension de l'article 50, qui active la sortie du Royaume-Uni de l'UE, jusqu'au 30 juin. En parallèle, elle rencontré le leader de l'opposition, Jeremy Corbyn, pour tenter d'éviter un "no deal" vendredi 12 avril. Alors que les parlementaires ont échoué, deux fois, à faire émerger une majorité pour un scénario alternatif au texte décrié (trois fois rejeté par le Parlement) de Theresa May, franceinfo tente de lister les dates qui comptent (et celles qui pourraient compter).

Vendredi 5 avril : Theresa May demande une nouvelle extension

Pour la deuxième fois, Theresa May a demandé à l'UE un court délai avant la mise en œuvre du Brexit. Dans une lettre adressée au président du Conseil européen, vendredi 5 avril, la Première ministre britannique propose une extension jusqu'au 30 juin 2019. Elle ajoute dans ce message à Donald Tusk que si un accord de sortie est trouvé avant cette date, ce délai pourra être raccourci.

Deux semaines plus tôt, Theresa May avait déjà demandé un report jusqu'au 30 juin. Les 27 avaient refusé cette date, opposant que le Brexit ne pouvait avoir lieu après les élections européennes si le Royaume-Uni n'y participait pas. Ils avaient donc proposé deux options à Londres : adopter l'accord de retrait et décaler le Brexit au 22 mai, veille des élections européennes, ou quitter l'UE sans accord le 12 avril si aucun consensus n'était trouvé à la Chambre des communes.

Le Conseil européen acceptera-t-il un report au 30 juin, alors qu'il a déjà refusé cette option ? Theresa May a toutefois tenté de les convaincre en assurant dans sa lettre que "le gouvernement souhaiterait trouver un accord sur un calendrier qui permettrait de sortir avant le 23 mai 2019 et par conséquent éviter l'élection au Parlement européen, mais il continuera les préparatifs en vue de l'organisation des élections si [la sortie] s'avérait impossible".

Mercredi 10 avril : un sommet européen en urgence 

A l'annonce du nouveau rejet (le troisième) du texte négocié entre Londres et Bruxelles, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé, vendredi 29 mars, la tenue d'un sommet le 10 avril. Selon un responsable au Conseil, l'UE attend les indications de la part du Royaume-Uni "suffisamment à temps pour que le Conseil européen puisse [les] examiner". Cette réunion doit permettre aux 27 d'étudier la proposition britannique de report du Brexit au 30 juin et de donner une réponse avant qu'il ne soit trop tard.

Vendredi 12 avril : en cas de "no deal", le Royaume-Uni quitte l'Union européenne

Si l'accord de sortie de l'UE présenté par l'exécutif n'est pas validé par le Parlement britannique, qu'aucune alternative n'est proposée et qu'aucun report long – en vue de préparer un scénario alternatif – n'est demandé à Bruxelles, le Royaume-Uni sortira officiellement de l'UE le 12 avril. Il n'y aura aucune période de transition. 

Samedi 13 avril : en cas de report du Brexit, Londres lance la campagne des européennes

L'Union européenne n'a pas demandé au Royaume-Uni de se décider avant le 12 avril par hasard. En effet, après cette date, il sera trop tard pour que le Royaume-Uni annonce sa participation aux élections européennes, dont le scrutin se tiendra à partir du 23 mai. En cas de report de la date du Brexit, le Royaume-Uni devra donc lancer le 13 avril sa campagne pour les européennes.

Mercredi 22 mai : en cas de vote de l'accord, le Royaume-Uni quitte l'UE en douceur

L'accord de retrait a été rejeté vendredi 29 mars et ne devrait donc pas revenir dans la course. Cependant, impossible d'écarter ce scénario, tant la situation est incertaine. Si l'accord négocié par Theresa May est voté à la dernière minute à la Chambre des communes, le 22 mai marque le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne et le début de la période de transition prévue par le texte.

Jeudi 23 mai : les Britanniques pourraient élire des députés européens

Si le Royaume-Uni a demandé et obtenu une extension longue de l'article 50, les Britanniques devront, jeudi 23 mai, élire leurs représentants à Bruxelles.

Dimanche 30 juin : si un deuxième délai est accordé, un Brexit ordonné a lieu

Si Theresa May obtient gain de cause lors du sommet du 10 avril et que les 27 lui accordent une extension jusqu'au 30 juin, cette date deviendra la nouvelle date butoir pour une sortie ordonnée du Royaume-Uni de l'UE.

Jeudi 31 décembre 2020 : fin de la période de transition en cas d'accord

Dans le cas où les députés approuveraient in extremis le texte de Theresa May, cette date marquerait la fin d'une longue et tortueuse sortie de l'Union européenne pour le Royaume-Uni, entamée par le vote surprise de juin 2016. Cette période de transition doit permettre aux deux parties de régler les conditions définitives de leur divorce, et notamment d'organiser leurs futures relations commerciales. 

Samedi 31 décembre 2022 : fin de la période de transition ?

La période de transition pourrait elle aussi être prolongée une fois, pour une durée maximum de deux ans. Dans ce scénario, le Royaume-Uni quitterait donc définitivement l'Union européenne le 31 décembre 2022. A moins que la fonte des glaciers n'ait fait disparaître le continent européen entre-temps…