Brexit : selon l'ONU, la Chine et les Etats-Unis pourraient profiter largement d'un "no deal"

Au contraire, l'UE et certains autres partenaires commerciaux du Royaume-Uni, dont la Turquie, y perdraient gros, selon les Nations unies. 

Le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, le 8 novembre 2017 à Pékin (Chine).
Le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Donald Trump, le 8 novembre 2017 à Pékin (Chine). (NICOLAS ASFOURI / AFP)

Un "no deal" juteux pour certains. Un Brexit sans accord profiterait largement à la Chine et aux Etats-Unis, a indiqué l'ONU dans un rapport publié mardi 9 avril. Selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), un pays ne peut accorder un traitement préférentiel à un partenaire commercial et doit appliquer les mêmes taxes à tous, excepté en cas d'accord commercial.

Si Londres quitte l'UE sans accord pour protéger ses actuels partenaires commerciaux, cela "augmenterait la compétitivité relative de grands pays exportateurs comme la Chine ou les Etats-Unis", a analysé Pamela Coke-Hamilton, responsable de la division Commerce international à la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced).

Neuf milliards d'euros supplémentaires pour la Chine

La Chine pourrait ainsi empocher 10,2 milliards de dollars (9 milliards d'euros) supplémentaires d'exportations vers Londres, et les Etats-Unis 5,3 milliards (4,7 milliards d'euros). Le Japon pourrait espérer voir ses exportations vers le Royaume-Uni gonfler de quelque 4,9 milliards de dollars (4,4 milliards de dollars) et la Thaïlande, l'Afrique du sud, l'Inde, le Brésil, la Russie, le Vietnam sont aussi susceptibles d'engranger des gains, selon la Cnuced.

En revanche, l'UE et certains autres partenaires commerciaux du Royaume-Uni, dont la Turquie, y perdraient gros. Le marché britannique représente environ 3,5% du commerce mondial et le Royaume-Uni a importé l'an dernier quelque 680 milliards de dollars (604 milliards d'euros) de marchandises en provenance du reste du monde, selon le document. Plus de la moitié de ces exportations proviennent des pays européens, qui risquent ainsi, en cas de "no deal", de perdre près de 35 milliards de dollars (31 milliards d'euros), selon le rapport.

La Turquie deuxième sur la liste des perdants

Le Royaume-Uni est un important partenaire commercial pour de nombreux pays émergents, dont les exportations ont bénéficié jusqu'à présent de conditions très favorables d'accès au marché britannique, grâce notamment aux régimes préférentiels de l'UE, relève la Cnuced.

Dans le scénario du "no deal" – donc sans période de transition pour négocier d'éventuels accords bilatéraux –, la Turquie serait deuxième derrière l'UE sur la liste des perdants, avec des exportations vers le Royaume-Uni amputées de 2,4 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros). Suivraient la Corée du Sud, la Norvège, l'Islande, le Cambodge et la Suisse, selon le rapport.