Brexit : le frère de Boris Johnson annonce sa démission du gouvernement

Jo Johnson dit avoir été "tiraillé" ces dernières semaines "entre la loyauté familiale et l'intérêt national".

Jo Johnson, photographié à Londres, le 28 août 2019.
Jo Johnson, photographié à Londres, le 28 août 2019. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Pris en étau entre sa famille et l'avenir de son pays. Le frère du Premier ministre britannique Boris Johnson, Jo Johnson, a annoncé, jeudi 5 septembre, sa démission du gouvernement, où il occupait un poste de secrétaire d'Etat. "Ces dernières semaines, j'ai été tiraillé entre la loyauté familiale et l'intérêt national – c'est une tension insoluble et il est temps pour d'autres d'assumer mes rôles de député et de membre du gouvernement", a tweeté Jo Johnson, favorable à un deuxième référendum sur le Brexit, alors que son frère veut une sortie de l'Union européenne au plus vite.

Jo Johnson, 47 ans, avait démissionné en novembre 2018 du gouvernement de Theresa May, opposé à l'accord de retrait qu'elle avait négocié avec l'Union européenne. Il avait voté pour le maintien dans l'UE lors du référendum de juin 2016 et avait déploré au moment de cette première démission "le choix laissé au peuple britannique", entre un accord qui "affaiblirait économiquement" le pays, et une sortie sans accord, qui infligerait des "dommages indicibles" au Royaume-Uni.

La sœur et le père également opposés au Brexit

Or son grand frère Boris, 55 ans, envisage ce "no deal", déterminé à faire sortir son pays de l'Union européenne d'ici le 31 octobre, qu'il y ait ou non un accord avec l'UE. Il refuse aussi de demander un nouveau report du Brexit, comme veulent lui imposer les députés si aucun accord sur le Brexit n'est trouvé d'ici le 19 octobre, soit juste après le prochain Conseil européen.

Ancien journaliste au Financial Times, après avoir travaillé dans la banque d'investissement Deutsche Bank, Jo Johnson était secrétaire d'Etat chargé des Universités, de la Science, de la Recherche. Il n'est pas le seul membre de la famille à avoir des opinions divergentes de celles de son frère : leur sœur Rachel avait fait campagne lors des élections européennes pour le parti anti-Brexit Change UK. Elle n'avait pas été élue. Quant à leur père Stanley, il fut député conservateur européen de 1979 à 1984 et a voté contre le Brexit au référendum de 2016.