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La Cour constitutionnelle turque a prononcé vendredi l'interdiction du principal parti pro-kurde du pays

Elle a jugé à l'unanimité le Parti de la société démocratique (DTP), unique formation kurde siégeant au Parlement d'Ankara, coupable de coopération avec la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan, qui est hors la loi.L'arrêt impose cinq ans d'interdiction de toutes activités politiques à 37 des membres du DTP.
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L'Union européenne a prévenu qu'une interdiction du DTP violerait les droits de la minorité kurde. (France 3 Aquitaine)

Elle a jugé à l'unanimité le Parti de la société démocratique (DTP), unique formation kurde siégeant au Parlement d'Ankara, coupable de coopération avec la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan, qui est hors la loi.

L'arrêt impose cinq ans d'interdiction de toutes activités politiques à 37 des membres du DTP.

C'est le procureur Abdurrahman Yalcinkaya qui avait réclamé l'interdiction du DTP. En 2008, le même avait tenté en vain d'obtenir l'interdiction du parti AKP (islamiste) au pouvoir, en invoquant le fait qu'il violait la Constitution laïque de la Turquie.

"La fermeture du DTP est décidée en raison de ses liens avec l'organisation terroriste et parce qu'il est devenu le point central d'activités dirigées contre l'intégrité du pays", a dit le président de la Cour, Hasim Kilic, en donnant lecture de l'arrêt. Ce dernier, rendu public après la fermeture des marchés financiers, risque d'attiser les tensions politiques en Turquie et d'avoir un impact à la Bourse d'Istanbul, estiment des analystes.

Le combat continue
"La Turquie ne peut résoudre ses problèmes en fermant des partis", a déclaré Ahmet Turk, président du DTP, aux journalistes. "Tant que notre but est de régler le problème kurde, peu importe qui est interdit ou non d'activité politique, car notre détermination à trouver une solution continue." Turk a aussi affirmé que les 21 députés du DTP démissionneraient en cas d'interdiction du parti. Soucieux de faire entrer la Turquie dans l'UE, l'AKP du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s'efforce d'améliorer les droits culturels de la minorité kurde en espérant ainsi mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis un quart de siècle.

Certains analystes redoutent toutefois que l'interdiction du DTP ne renforce la main du PKK en sapant la confiance à la fois dans le processus démocratique et les réformes engagées par le gouvernement.

Condamnation de l'UE
L'Union européenne s'est déclarée vendredi "préoccupée" par la décision de la Cour constitutionnelle turque, décision qui a été immédiatement suivie de manifestations de colère dans la communauté kurde, dans le sud-est du pays et à Istanbul. "L'UE est préoccupée par cette décision" prise par un pays qui négocie son adhésion, a annoncé la présidence suédoise de l'UE dans un communiqué.

"La dissolution d'un parti politique est une mesure exceptionnelle qui doit être décidée avec précaution", a ajouté la présidence suédoise. "L'Union européenne appelle la Turquie, pays qui négocie son adhésion (à l'UE), a prendre les mesures constitutionnelles pour mettre sa législation sur les partis politiques en conformité avec les règles européennes", conclut la présidence suédoise.

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