L'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko en grève de la faim

L'ancienne Première ministre purge une peine de sept ans pour abus de pouvoir. En cessant de s'alimenter, elle entend protester contre les "répressions politiques" en Ukraine.

L\'ex-Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko au début de son procès à Kiev (Ukraine), le 24 juin 2011. 
L'ex-Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko au début de son procès à Kiev (Ukraine), le 24 juin 2011.  (SERGEI SUPINSKY / AFP)

Cela fait maintenant cinq jours qu'elle ne s'alimente plus. L'ex-Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko a annoncé mardi 24 avril avoir entamé une grève de la faim en prison, par le biais de son avocat Sergui Vlassenko. "C'est une grève de la faim illimitée, elle réclame qu'on arrête les répressions politiques dans le pays", a-t-il déclaré à l'agence Interfax.

Incarcérée depuis août dernier à la prison de Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, Ioulia Timochenko, 51 ans, a été condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir. Elle est aussi jugée depuis le 19 avril pour détournements de fonds publics et fraude fiscale en 1997-1998, lorsqu'elle dirigeait le groupe Systèmes énergétiques unis d'Ukraine. Ces infractions sont passibles de douze ans de prison. 

L'opposante, candidate malheureuse à la présidentielle de 2010, dénonce ces poursuites comme une vengeance personnelle du président actuel, Viktor Ianoukovitch, qui cherche à écarter de la scène politique sa principale adversaire, égérie de la Révolution orange de 2004. Cette année-là, une coalition d'opposants s'était mobilisée contre l'élection, entachée de fraudes, de Ianoukovitch à la présidentielle. Après deux semaines de manifestations, un nouveau second tour avait été organisé et Viktor Iouchtchenko déclaré vainqueur.

L'affaire Timochenko a été vertement critiquée par l'Union européenne et les Etats-Unis, qui y voient des motifs politiques.