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L'Italie va-t-elle former un "governissimo" ?

L'idée d'un gouvernement de "grande coalition" droite/gauche fait son chemin en Italie, quelques jours après les élections législatives et sénatoriales. Ce serait le moyen de former un gouvernement à peu près stable. Dans ce cadre, quel sera le rôle du parti protestataire de Beppe Grillo, arrivé en 3ème position aux élections générales ? Eléments de réponse.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (Tony Gentile Reuters)

Les pistes pour essayer de
sortir de l'impasse politique en Italie commencent à se dessiner. Suite aux
élections de dimanche et lundi, la Chambre des députés est à gauche et le Sénat sans
majorité
.

Aux législatives, le parti
protestataire de l'humoriste Beppe Grillo (M5S) est devenu la première
formation du pays, quatre ans après sa formation. Il a obtenu la troisième position en faisant la moyenne des deux élections. 

La coalition de gauche de Pier Luigi Bersani, arrivée légèrement en tête, ne peut donc pas faire sans lui. Son leader s'est dit conscient du "caractère
dramatique de la situation et des risques encourus par le pays
". Il a
entrouvert la porte aux élus du Mouvement 5 étoiles, mais n'est pas favorable à une grande coalition.

Bersani ne veut pas d'une
grande coalition

Au lendemain des résultats et même si sa coalition de gauche est arrivée
légèrement en tête, Pier Luigi Bersani a constaté mardi amèrement : "Ceux qui n'arrivent pas à garantir la
gouvernabilité ne peuvent pas revendiquer la victoire. Nous n'avons pas gagné,
même si nous sommes arrivés en tête
".

Le leader
du Parti démocrate veut donc trouver une solution, soit avec Silvio Berlusconi, soit avec le M5S de Beppe Grillo. Il a réfuté cependant l'idée d'une grande coalition englobant tout le
monde. Il pense plutôt à une plate-forme commune portant sur des thèmes
principaux comme la réforme des institutions, les coûts de la politique ou la
défense des plus exposés à la crise. Une manière pour chacun de "prendre
ses responsabilités devant le pays
".

Beppe Grillo toujours dans l'opposition

L'humoriste devenu politique refuse quant à lui toute idée d'alliance. Les parlementaires du Mouvement 5 étoiles n'accorderont leur confiance à aucun gouvernement formé par les partis politiques traditionnels, a-t-il annoncé mercredi. Sur son blog, Beppe Grillo écrit "Le M5S n'accordera aucun vote de confiance au PD (Parti démocrate) ni à personne d'autre. Il votera en faveur des lois qui reflètent son programme ".

Beppe Grillo demandera aux élus M5S de voter les
lois ou non, au "cas par cas ". Il pense que le prochain gouvernement en restera pas au pouvoir plus de six mois. 

Une des critiques qui sont faites au parti de Beppe Grillo, c'est le manque d'expérience politique de ses
élus. Des inconnus choisis lors de rapides primaires sur Internet.

La grande coalition "governissimo" clé de la stabilité ?

Même si cette solution de
grande coalition fait grincer des dents à droite comme à gauche, elle est, selon les observateurs, une
solution pour trouver la stabilité. Le sortant Mario Monti
pourrait profiter de cette coalition alors qu'il est le grand perdant de ces
élections. Il a seulement obtenu 10% des voix.

Mais cette solution semble compliquée à mettre en place. Mercredi après-midi, la formation alliée au Parti démocrate a déclaré qu'elle refusait toute alliance avec le centre-droit.

Si aucun compromis n'est
trouvé, il faudra que les Italiens retournent voter. Le parti de Beppe Grillo
pourrait en sortir renforcer.

La presse italienne annonce
qu'aucun rendez-vous politique n'est prévu ce mercredi, et évoque une "pause
de réflexion
".  La direction du Parti
démocrate de Bersani, majoritaire à la Chambre des députés, se réunit mardi
prochain.

Le Parlement doit se réunir
au plus tard le 15 mars avec une solution, comme le prévoit la Constitution.

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